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    Hoazin.fr : le blog de Catherine Levesque

    9 février 2012  |  Catherine L.  

    Panneau hippomobileUne balle perdue dans une vitre, un sanglier sous le TGV, un système de freinage égaré sur la voie, un vol de fibre optique, une panne de moteur qui a duré des heures… J’ai connu beaucoup de vicissitudes avec la SNCF. Mais l’émeute au guichet, je n’avais jamais fait.

    Je rembobine. Juste avant d’arriver en gare, le contrôleur de l’omnibus Bourg-Saint-Maurice-Lyon nous annonce l’air de rien que l’on circule avec 10 minutes de retard. Un coup d’œil sur ma montre Seiko à quartz. Sans que l’info ne passe par la case cerveau, je pressens avec l’instinct du voyageur maintes fois pigeonné que je vais le louper, bon sang, mon TGV.

    D’un pas décidé, je file trouver le contrôleur indolent dans sa niche, m’enquiers de la correspondance. La sentence tombe : « Un TGV n’attend jamais, Madame. » Je me demande s’il s’agit d’une facétie de contrôleur insolent. Trois minutes pour aller d’un quai à l’autre, à Lyon-Perrache, avec un Mac sur le dos, un reblochon fermier, du saucisson non dégraissé, du jambon cru, une mignonnette de génépi, du beaufort d’alpage, un Opinel n° 10 (merci Sarah), une paire d’après-ski, c’est pas gagné (y’en a qu’ont essayé à Pau, ils ont eu des problèmes…).

    Le contrôleur redevenu indolent semble découvrir sous la menace de mon regard l’usage du téléphone portable, finit par annoncer sans conviction les correspondances IMMÉDIATES en précisant aux usagers – luxe suprême – le numéro du quai concerné.

    J’embrasse Franck comme si j’allais sauter en parachute avant de bondir lourdement sur le marchepied, entamant ma course folle vers la voie A. Ce serait dommage, je songe en moi-même, de se fouler une cheville en dévalant une rampe à Lyon-Perrache alors qu’une chute spectaculaire sous un télésiège m’a laissée indemne aux 3 Vallées. Et de maudire intérieurement toute personne en travers de mon passage d’exister.

    Je touche à mon but, j’aperçois le TGV à quai mais la longue plainte du train sonne comme un glas. Le long serpent gris est à l’arrêt. Je touche la porte comme si mon empreinte digitale était dotée d’un superpouvoir. Forcément, elle va s’ouvrir. Nous sommes cent sur le quai à le désirer très fort, chacun usant d’un superpouvoir à sa mesure – injonction, tambourinage viril, supplique ou invective. Sous nos yeux incrédules, le TGV s’ébranle et le visage des deux contrôleurs inopérants se décompose. Ils sont bleus, nous sommes verts. Cernés par une légion de Romains décidés à en découdre, ils m’évoquent Astérix et Obélix privés de potion magique. Piteux, ils obéissent à nos ordres. Un monsieur un peu fort, passablement énervé, donne de la voix et prend tacitement le contrôle des opérations.

    Notre régiment forme un essaim organisé autour des deux martyrs ferroviaires qui nous conduisent vers la base ennemie. On nous parque derrière des barrières, certains clients se mettent à bêler pour détendre l’atmosphère. Le guichet devient QG. Plus personne ne bouge. Il faut avoir le TGV suivant, coûte que coûte ! Les guichetiers ont tous déserté leur poste. Un employé se planque tel un sniper derrière une cloison mais n’échappe pas à la vigilance de notre colonel ventripotent. Une dizaine de minutes s’écoulent avant que des sbires ne s’interposent. Un semblant de hiérarchie se pointe avec l’abnégation des kamikazes, une poignée de billets en main. Là, un étrange phénomène se produit. La meute d’usagers fulminants se rue vers ces sésames comme mon chat sur sa gamelle de croquettes. Le bloc de solidarité s’évanouit. La fraternité n’aura guère duré.

    Munie de mon « titre-suite-rupture-de-correspondance » (un collector), je refais le chemin inverse avec quelques rescapés du camp de base. Un certain désordre règne dans la première classe où l’on a circonscrit les voyageurs rebelles pour mieux les contrôler. On commente cette sombre histoire. « Comprenez, à 180 € le billet. Sans compter que c’est monnaie courante sur cette ligne ! » ; « Nous faire cavaler avec un enfant de 15 mois… »

    Mon portable grogne. SMS de Franck, dont le TGV vient de percuter un chevreuil (paix à son âme). Trente minutes de retard. L’équipe qui gagne… Je me dis qu’avec son Opinel n° 10 lui, au moins, il peut s’offrir un carpaccio.

    A l’heure où j’écris ces lignes, mon TGV « accuse », dixit le contrôleur indécent, quinze minutes de retard. Le choix du verbe me laisse songeuse. Comme si l’agent robot se dédouanait en rejetant la faute sur son TGV traîne-savate. Cause invoquée : rupture de correspondance. J’hallucine ! Nous étions tous là avant le train ! Les rebelles ont bon dos. Morbleu, j’suis verte !

    © Catherine Levesque

    7 février 2012  |  Catherine L.  

    Depuis Tougnète, à MéribelSi je devais résumer ma journée en onomatopées façon Gainsbourg ou BD, voilà ce que ça donnerait : whoops, splash, miam, crish… A partir de là, devinez où je suis ! A Méribel, pardi. Méribel, Les Allues. Pour ma part, il s’agirait plutôt de Méribel, les hallus ! Si ma chapka était équipée d’une caméra embarquée comme le sont nombre de skieurs ici, je pense que mes proches auraient eu peur. Peur de me voir onduler sur les whoops, autrement dit un enchaînement de bosses pour freestylers néophytes ; peur de me voir passer – splash – sous un télésiège (non, il n’y a pas de faute de frappe) à la suite d’une descente un poil prématurée (jamais vu une paire de ski d’aussi près : sans bonnet, j’étais scalpée) ; peur de me voir engloutir une tartiflette (miam) le midi et des frites le soir ; peur de me voir randonner en raquettes de nuit (crish crish fait la neige qui crisse) sur une piste où dévalent des skieurs éméchés. Eh oui, à Méribel, on fait aussi la fête quand on n’est pas une sportive ascète de mon calibre (bon, d’accord, ce soir j’ai un peu forcé sur la mondeuse…). En dévalant la poudreuse d’une petite forêt d’épicéas avec ma guide, Marie, propriétaire d’un joli gîte Panda 4 épis, j’ai pensé fort à Sylvain Tesson arpentant seul sa forêt de Sibérie par – 40 °C. Ce soir, il faisait – 17 °C et je n’avais pas froid… alors que je grelottais à Tours par – 5 °C. Allez comprendre ! Même pas pu ajouter glagla.

    Rompich… Rompich… Rompich…

    Photo : Depuis Tougnète, à Méribel, au cœur des Trois Vallées, plus grand domaine skiable du monde. © Catherine Levesque

    1 février 2012  |  Catherine L.  

    Couverture du hors série spécial tram J’ai rédigé dans ce numéro paru en janvier 2012 le dossier sur le développement économique (L’effet tram à la loupe, page 26), l’article page 28 (Le tramway donne une nouvelle identité à la ville) et l’article sur Sateba, l’usine de La Riche qui fabrique la quasi totalité des traverses du chantier (page 29). Le magazine est téléchargeable sur le site de l’agglo.

     |  Catherine L.  

    Le charme désuet des vieux transistorsA l’âge que j’ai, Brigitte Bardot mettait fin à sa carrière. Je vous rassure, la comparaison s’arrête là. Mais ça me laisse songeuse… Il y a des jours où je me verrais bien cesser d’écrire pour faire le pitre. Ou plus précisément écrire pour faire le pitre. Pas sur scène ni au cinéma, j’en serais bien incapable, mais à la radio, par exemple, comme Philippe et Margarete de Beaulieu, qui sévissent depuis mi-janvier tous les jours de la semaine, sur France Inter, à 12h20. A votre écoute, coûte que coûte (un titre aussi ringard que le générique !), est un ovni radiophonique qui m’avait échappé. Merci Hélène d’avoir attiré mon attention, entre deux ballons de chinon, sur ces odieux personnages qui sèment la zizanie dans les commentaires internautiques. Philippe de Beaulieu, médecin péremptoire pétri de références bibliques et historiques, et Margarete de Beaulieu, son épouse, psychothérapeute de salon et mère de six enfants.  « Le corps c’est lui, l’esprit, c’est elle », dit le générique.

    Si vous ne savez pas par quelle émission commencer (on peut les réécouter sur le site), je vous conseille celles du 26 (pauvre Rémi…) et du 31 janvier (en direct de l’hôpital du Mans !). C’est tellement bien fait que certains prennent pour argent comptant leur discours réac, raciste et homophobe. Pourtant, il suffit de lire leurs bio sur le site de France Inter pour saisir la supercherie. Né le même jour que mon frère cadet, à Bordeaux, Philippe, 43 ans, devient médecin généraliste après avoir « manqué de peu sa spécialisation en chirurgie à la faculté de médecine de Rennes ». Il s’est alors spécialisé en biologie et en morphopsychologie, qu’il a enseignées à la faculté de médecine avant d’être révoqué pour avoir défendu des thèses créationnistes ! Son père, maire RPR d’une localité bourgeoise de la banlieue bordelaise, et sa mère, femme au foyer et bénévole à « La vie d’abord », l’ont élevé dans une ambiance religieuse et stricte… mais aimante.

    En 1983, ce franc-maçon rencontre sa femme Magarete (née Von Faulkenhausen le 12 mars 1964, à Buenos Aires) lors d’un séminaire scout à Rennes. Au côté de son mari, cette dernière dispense aujourd’hui aux auditeurs ses conseils fumeux, entend “jeter une lueur sur les tourments qui assaillent votre âme”. « Je ne vais pas vous faire un dessin, pérore-t-elle volontiers, surtout à la radio ! », multipliant les silences gênés, les soupirs consternés et les tics radiophoniques, corrigeant les fautes de syntaxe des intervenants pendant que son mari cite les apôtres ou Patrick Bruel.

    Qui se cache derrière ce binôme outrecuidant et impertinent ? Le mystère s’amincit. D’aucuns évoquent Zabou (il me semble bien reconnaître sa voix) et Laurent Laffite. Elle aurait écrit Encore, en corps, des mots qui soignent, évidemment introuvable en librairie. Je me suis amusée à appeler le 01 56 40 23 95. On tombe sur le répondeur de l’émission. Pas osé laissé de message !

    Photo : CC BY-Sveta Bogomolova

    24 janvier 2012  |  Catherine L.  

    Dominique A en concert à Allonnes, le 23 janvier 2012 Il arrive sur scène sans crier gare comme un débutant alors que ça fait vingt ans. C’était d’ailleurs sur cette scène confidentielle de la ville sans âme où j’ai grandi, Allonnes, en banlieue du Mans. Curieuse coïncidence, quand j’y pense.

    Nous avons garé la voiture près du bourg, non loin de la boutique de Maurice Chausseur où ma mère achetait nos souliers. En quelques pas allongés, pressés, nous sommes devant la scène, groupies fidèles engoncées dans nos manteaux d’hiver.

    Il dit que le concert commence par la fin. C’est un peu vrai. Deux musiciens pour reprendre les titres de La Fossette, album culte peut-être mais pas franchement mon préféré, hormis le morceau du Courage des oiseaux sans lequel, dit-il, il ne serait pas là ce soir. C’est un peu vrai aussi. Il n’empêche que c’est intense, avec cet accordéon plaintif et ce texte intrigant sur les lapins, mais pas aussi intense que la deuxième partie, où un quintette à vents s’installe en fond de scène.

    La longue intro me rappelle Pierre et le Loup, le basson très vite exhume mes peurs d’enfant.

    Les gouttelettes de sueur perlent sur le crâne nu du chanteur, luisant comme un clair de lune dans la brume artificielle de la salle Jean Carmet. Elles forment bientôt une discrète rivière qui suivra les sillons de part et d’autre du menton prognathe. Ses ongles sont coupés courts et il porte toujours ses Clarks, sa chemisette noire ajustée.

    Parfois, il lance la tête vers l’arrière quand il ne s’agit pas de la jambe gauche, projetée vers l’avant dans un geste martial, incontrôlé. Et voilà qu’il cite le lamantin, « un phoque ». A cheval sur la systématique, je me dis que non, le lamantin n’est pas un phoque.

    Après le concert, pendant que nous sirotons une bière, il finit par arriver, comme à son habitude, bouteille de 16 à la main, large sourire dégageant des dents régulières. Je m’approche de lui. Dominique A – être supérieur – ne peut ignorer que le lamantin n’est pas un phoque. Un mammifère aquatique, d’accord, mais un phoque, quand même ! « Ah bon ? me répond-il, amusé. Très bien, merci. Je vérifierai ! » Pour le prochain concert auquel j’assisterai, à Nantes, dois-je le prévenir  que le lapin n’est pas un rongeur. C’est un lagomorphe. Et Dominique A un artiste tout ce qu’il y a de plus humain, qui chérit les arbres, les lapins et les lamantins.

    Photos : Dominique A en concert, le lundi 23 janvier, à Allonnes. Après le concert, mini-conférence sur le lamantin avec votre serviteuse. © Catherine Levesque et Fabrice Lemaréchal.

    18 janvier 2012  |  Catherine L.  

    Forêt de mélèzes dans les Hautes-AlpesMalgré la distance qui sépare ce post du précédent (est-ce cette léthargie hivernale qui espace mes écrits ?), il y a un lien évident entre les deux : l’eau et la quiétude. Cap à l’est, encore plus à l’est, au bord du lac Baïkal où s’est réfugié Sylvain Tesson six mois durant. Il a investi une cabane en bois à 50 m du bord de cette « mer » fascinante, en plein hiver sibérien, et vaille que vaille ! Je me suis plongée dans la lecture de son livre, Dans les forêts de Sibérie, il y a quelques jours, et j’avoue que j’aimerais bien pouvoir le finir d’une traite comme une rasade de vodka glacée, avoir comme lui l’immense privilège de consacrer du temps à des livres précieux sans interférence, dans le calme d’une isba de fortune, à condition qu’il y fasse plus chaud que dans la sienne ! Ce trip à la Thoreau me parle plus que jamais et je ne suis pas la seule. Encore faut-il avoir le culot de prendre la décision de s’échapper ainsi, sur une durée définie, pour une vie solitaire en autarcie qui remet le temps et les idées à leur place, débarrasse des scories matérialistes dont nous encombre la vie quotidienne. Dormir, se lever, se réchauffer, lire, boire du thé dans la journée, de l’alcool à la nuit tombée (il y aurait un vin de Loire capable de concurrencer la vodka dont Tesson fait bon usage, que ça m’arrangerait), marcher, contempler les arbres, la lumière qui change, la mésange au carreau, se faire à manger, ramasser du bois, puis dormir encore, lire encore… Bref, revenir à l’essentiel. L’essence, le sens, les sens.

    © C. Levesque. Forêt de mélèzes dans les Hautes-Alpes.