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J'anime un 2ème blog dans lequel je propose une sélection de sites Web, de vidéos et d'articles divers trouvés sur Internet.
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Hoazin.fr : le blog de Catherine Levesque

14 décembre 2011  |  Catherine L.  

Beatle crisis La crise. C’est le mot de l’année. On finit par redouter d’allumer le poste de crainte de l’entendre. Litanie anxiogène et paralysante. J’ai pourtant tenté d’apprivoiser ce terme depuis quelques années. En commençant par participer en 2009 à l’université d’été de l’Institut des hautes études pour la science et la technologie, un établissement public qui met ses auditeurs en situation d' »intelligence partagée ». Pendant plusieurs jours quasi monastiques, mes collègues et moi avions bûché avec des spécialistes sur « L’économie, une science qui nous gouverne ? Leçons des crises ». Depuis, je m’accroche. Rien n’a changé. Les choses ont empiré. J’essaie de piger. Je complète mes connaissances en participant aux Green Forums du WWF, toujours très éclairants.
Lors du Green Forum 2011, qui portait sur « La (re)conversion écologique de l’économie, source d’emplois ? » (télécharger les échanges), j’ai été séduite par le discours d’Eloi Laurent, économiste et conseiller scientifique à  l’Observatoire français des conjonctures économiques.

Auteur de La Nouvelle Ecologie politique, en 2008 (lire la critique d’Alternatives économiques), il a sorti cette année Social-Ecologie chez Flammarion (écouter l’émission sur France Culture), qui développe le propos qui m’avait séduite durant la présentation de son PowerPoint.

Propos que je vais tenter de résumer en toute humilité. Il part d’un paradoxe : nous n’avons jamais eu une meilleure connaissance scientifique de notre environnement et sa dégradation n’a jamais été aussi forte. Plus nous avons conscience de la crise écologique que nous traversons et plus grandit le pessimisme quant à notre capacité à la résoudre. Je serais tentée de dire que cela vaut pour toutes les crises concomitantes (financière, économique…), mais ça n’engage que moi ! C’est là qu’arrivent les sciences sociales, seules capables aux yeux d’Eloi Laurent de « réconcilier les impératifs contradictoires de progrès et de conservation ».

Vers une société soutenable ?

Alors que la tendance voudrait opposer l’impératif social à l’impératif environnemental, la « social-écologie » défendue par l’économiste porte le message suivant et ça va mieux en le disant : « Nos sociétés seront plus justes si elles sont plus soutenables, et elles seront plus soutenables si elles sont plus justes ». Précisons cette pensée, déjà esquissée lors de la conférence de Stockholm, en 1972, qu’on peut considérer comme le premier Sommet de la Terre. On y notait alors que dans les pays en voie de développement, nombre de problèmes environnementaux étaient causés par le sous-développement. Les négociations successives autour des changements climatiques confortent cette idée que la clé des débats écologiques réside dans la justice entre les humains. Même combat à Nagoya, l’an passé : la préservation de la biodiversité de nos écosystèmes passe par une répartition équitable des ressources naturelles.

La démocratie, remède à la crise écologique

Malgré tout, force est de constater que rien ne va dans ce sens. Les yeux rivés sur la croissance des PIB et les soubresauts de la Bourse, on ne peut que courir assoiffé vers le mirage du développement soutenable. Par sa capacité à réduire les inégalités, la démocratie se révélerait, selon Eloi Laurent, le meilleur recours pour faire face à l’urgence écologique. La question est donc éminemment politique. « Comment faire renaître le goût du long terme dans une société rivée aux souffrances du présent ? », s’interroge-t-il dans cet essai brillant. J’espère vivement que le Père Noël le déposera au pied du sapin de tous les candidats aux prochaines présidentielles. Et je conclurai sur une pirouette un peu facile de Francis Blanche, reprise récemment par Eva Joly et raillée dans Libé : « L’urgence n’est pas de changer le pansement, mais de penser le changement ».

Photo : CC BY NC-SA w3i_yu sur Flickr

11 décembre 2011  |  Catherine L.  

Couverture de l'album Hyacinthe et RoseÇa pourrait être une histoire à l’eau de rose. Ça sent plutôt l’eau de Cologne. Hyacinthe et Rose (33 €) a été lauréat du Prix Saint Fiacre, décerné chaque année par l’Association des Journalistes du jardin et de l’horticulture (AJJH). Les critiques classent ce très bel album au format encombrant en jeunesse. J’ai néanmoins lu (oralement) avec plaisir, du haut de mes quatre décennies, ce conte écrit par François Morel, au petit être brun couché près de moi. J’avais l’impression de l’entendre, mon gars Morel, avec son écriture nostalgique et ses souvenirs de campagne. Ça nous a bien plu, ces fleurs colorées à toutes les pages, peintes par Martin Jarrie,  en lien avec le texte. Surtout la fritillaire pintade. Quant à l’anémone, une de mes préférées, elle serait parfaite dans mon salon beige et rouge, oui. L’expo des planches à la Galerie Jeanne Robillard (Paris 11e) vient de se terminer, dommage. Mais on peut quand même s’y procurer certaines de ses illustrations originales (j’adore Les châtaignes et le hérisson !). J’aime quand un livre m’entraîne vers de nouveaux horizons, qu’ils soient imaginaires ou artistiques. Dans le foisonnement des librairies, il en est encore, comme celui-ci, qui relèvent héroïquement le défi.

 

 

 

7 décembre 2011  |  Catherine L.  

C’est l’anniversaire de Félix aujourd’hui, le neveu d’Hélène, qui a quinze ans (le neveu ; Hélène a un peu plus, mais elle fait si jeune…). Est-ce parce qu’il a un nom de chat ? Toujours est-il que Félix, que j’ai croisé en coup de vent derrière la cathédrale de Tours le 19 novembre dernier, dessine des chats, entre autres, et qu’il a du talent. Lors de son séjour tourangeau, ce jeune Parisien a croqué James, le chat d’une amie belge un peu lunaire (le chat comme sa maîtresse ; ils ont d’ailleurs le même pelage) et se met en scène dans ce strip sympathique. James est un chat un poil déroutant. Pléonasme, me direz-vous. Plus ou moins, tout de même. Regardez Zazou, le chat d’Anne, il est plutôt normal. Encore que non, finalement, il se prend pour un chien et se lave aussi souvent qu’un adolescent.

Bref, fan de références nippones, j’ai tout de suite accroché au travail de Félix, bourré d’humour et de talent, et son blog est à l’avenant. Alors pour son anniversaire, moi je dis chapeau et je lui offre cette tribune sur mon blog. Pas culottée il va se dire, Félix, lui qui a une audience de blogueurs bien plus élevée que la mienne ! Eh ouais, place aux jeunes… Mais pas trop d’ombre aux vieux, Félix. Moi aussi j’ai un chat, d’abord, qui a un nom de conquête spatiale en plus. Qu’est-ce que tu crois ?!

5 décembre 2011  |  Catherine L.  

Hokusai MangaLe Japon fascine beaucoup de gens. Je ne fais pas exception. Et c’est pire depuis que je sais que je n’y mettrai peut-être jamais les pieds. Alors je me console en dévorant des makis sans thon rouge. Ces temps-ci, j’ai trois petits favoris. Des vrais et des faux Japonais. Commençons par le faux : le professeur Tatsu Nagata, membre du Tokyo Scientific Institute. Âgé de 50 ans,  il vit sur l’île de Yaku.  Expert mondial des mutations des batraciens, ce scientifique reconnu voue sa vie aux sciences naturelles pour faire aimer la nature aux tout-petits. C’est un peu le Tryphon nippon, avec une loupe à la place du cornet acoustique. Rarement en déplacement sur le Vieux Continent, Tatsu Naga a son porte-parole en France, Thierry Dedieu, qui nous parle de ses petites bêtes. Parmi elles,  l’escargot, la fourmi, le hérisson, le ver de terre, l’araignée, la grenouille, la chouette et le phasme ont bénéficié d’un traitement de faveur. Elles font l’objet d’une compilation qui regroupe huit titres de la collection de cet érudit, néanmoins accessibles dès la maternelle. Mais je vous rassure, on comprend aussi quand on est plus grand, et moi, j’adore l’humour comme le graphisme de ces monographies acidulées.

Visons maintenant la tranche d’âge supérieure avec mon deuxième protégé, Florent Chavouet, auteur de Tokyo Sanpo (merci Jérôme) et de Manabé Shima, sortes d’ovnis entre BD et carnet de voyage, avec un sens du détail qui confine à l’obsession. Bien que je n’aie pas été invitée au vernissage (comme quoi les journalistes ne sont pas tous des vendus !), je vous signale qu’une expo lui est consacrée dans le magasin UAH^, rue de l’Arbre-Sec, à Paris (tiens, c’est quoi cette rue ?). Vous pourrez mettre dans votre hotte des originaux, des inédits et des produits dérivés (bentos, badges, tabliers…), explique ce garçon talentueux sur son blog. Certains dessins réalisés uniquement pour l’occasion seront même en vente et il fera des dédicaces le 10 décembre. J’espère au moins qu’il m’enverra un JPG pour mon blog. Enfin j’dis ça… j’dis rien. J’dis tellement rien que vous n’avez pas compris ce qu’il fait exactement. Comme j’ai la flemme de vous expliquer, allez donc voir Le Journal du Japon, tiens. Après tout, je ne suis pas payée pour faire ce blog. Alors.

Pour finir, un p’tit jeune qui débute : Hokusai. On le connaît pour ses « 36 vues du Mont Fuji » et sa « Grande vague de Kanagawa ». Mais si, vous savez, la vague ! La fameuse, un peu flippante. Ces estampes célèbrissimes reproduites dans les meilleurs calendriers (sauf celui des PTT)  ne représentent qu’une infime partie de son œuvre prolifique. Il faut dire qu’il est mort à 90 ans, le bougre (en 1849), laissant derrière lui 4 000 planches et croquis regroupés sous le terme de Manga. LA Manga, qui fascina Manet, Monet, Degas à sa parution. Eh bien figurez-vous que 300 planches inédites ont été réunies dans un bel ouvrage de 700 pages édité par La Martinière sous le nom Hokusai Manga. Animaux, samouraïs, planches botaniques, motifs de kimono, scènes de rue, paysans, créatures fantastiques… y figurent dans les teintes de la gravure sur bois de l’époque (rouge) et accompagnés de textes bilingues rédigés par deux spécialistes du peintre. (北斎漫画)

 

30 novembre 2011  |  Catherine L.  

Souvenir du Festival de Chaumont-sur-Loire« Au moment où l’on devient amoureux, à cet instant précis, il se produit en nous une musique particulière. Elle est pour chacun différente et peut survenir à des moments inattendus… ». J’avais adoré le précédent marivaudage d’Emmanuel Mouret, Fais-moi plaisir !, grand moment burlesque où, déjà, Frédérique Bel et sa diction affectée déroutaient son partenaire à qui mieux mieux. A quoi pourrait donc ressembler cette ritournelle du coup de foudre, s’interroge  le prologue de son sixième long-métrage ? Pour lui, elle se situe assurément dans le registre classique. Classique comme le titre d’Ovide dont s’inspire le film, L’Art d’aimer (voir la bande annonce) manuel amoureux paru en I (ben oui, l’an I).

Comme à son habitude, Emmannuelle Mouret, cinéaste brillant, nous offre un propos léger en apparence mais en réalité très subtil. Le réalisateur vit à Marseille mais ses personnages évoluent dans des décors ultra-parisiens, luxueux et bourgeois, remplis de livres et d’objets d’art. D’aucuns pourraient trouver ces palabres sentimentales nombrilistes. Il n’en est rien: les saynètes amoureuses de ce film bavard sont certes cérébrales, mais universelles. L’idée de tromper, est-ce déjà tromper ? Doit-on transgresser l’interdit ? Le ton est désuet, renforcé par les intertitres qui rythment les scènes (« Sans danger, le plaisir est moins vif », « Il ne faut pas refuser ce qu’on nous offre »…). La mise en scène dynamique est servie par une distribution savoureuse : Ariane Ascaride, Stanislas Merhar, François Cluzet, Laurent Stocker (parfait également, soit dit en passant, dans L’Exercice de l’Etat), Gaspard Ulliel, Julie Depardieu… On sent que les comédiens s’amusent dans ce bijou romanesque. Et le spectateur boit du petit lait. Judith Godrèche, qui orchestre l’aventure la plus inventive de tous ces entichements, donne une jolie définition de l’art d’aimer, si tant est qu’il y en ait un : « Aimer, c’est être deux dans le duel entre le monde et soi. »

22 novembre 2011  |  Catherine L.  

Après une escalade verbale aride, où le ton monte sur une voie qu’on n’a pas choisie, qui vous laisse sans voix, il peut être salutaire d’escalader pour de vrai une paroi. Pas reine, marraine. La vie, même au ralenti, réserve des surprises, certes souvent mauvaises. Lundi matin, en me levant sans conviction, plutôt parce que mon chat m’y enjoignait jovialement, j’ignorais que le soir, je serais pieds au mur. Un mur d’escalade aussi intimidant que joyeux, hérissé de prises multicolores et de reliefs en fac-similé. C’était à la fac, justement, pour une opération baptisée « Assure ton réseau », qui visait à faire se rencontrer étudiants et professionnels pour apprendre à développer un réseau.
Résolument étudiante dans l’âme, j’ai endossé mon costume de professionnelle, façon Belmondo, équipée d’un baudrier. Mon jeune binôme (un étudiant en sociologie venu de Mauritanie) et moi nous sommes retrouvés encordés avec un double nœud de huit. J’ai dû assurer ce gaillard athlétique et véloce, qui s’est propulsé en quelques secondes à 10 m de hauteur.
Mon tour est venu. J’ai gravi 7 mètres assez facilement, sans l’élégance d’Adama toutefois. Inévitablement, j’ai regardé en bas et déclaré forfait (10 mètres, ça va pas la tête). Le moniteur m’a encouragée, pauvre Jeannie Longo sans EPO. Mon amie l’adrénaline m’a portée jusqu’au sommet, d’où je suis redescendue en rappel, aussi à l’aise qu’un koala sur la banquise. Mais j’ai touché du doigt ce plaisir simple qui consiste à se surpasser.
Deuxième voie, même hauteur, mais prises plus difficiles. Pas l’ombre d’un aigle dans le ciel du gymnase. Mes longs doigts hésitent, inutiles, peinent à m’arracher à cette force invisible qui vous tire vers le bas comme un chagrin d’amour vous plaque au sol, membres inactifs, cœur aplati. Le moniteur a fait son boulot de moniteur. La corde tendue d’Adama m’a offert un pas supplémentaire vers l’épuisement, le renoncement. Puis m’a ramenée lourdement vers le sol, où rampent les hommes et leurs viles bassesses.
Essoufflée, poignets contractés, j’ai pensé à Miossec, amoureux perpétuellement éploré : « Oui, je respire encore, je respire encore, même à bout de souffle, chaque seconde vaut de l’or. »