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J'anime un 2ème blog dans lequel je propose une sélection de sites Web, de vidéos et d'articles divers trouvés sur Internet.
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Affiche Biolay 2013On l’avait connu neurasthénique à l’Espace Malraux, sirotant un verre de vin rouge entre chaque morceau. Hier soir, au Vinci, Benjamin Biolay s’est transfiguré. On ignore le nom de sa coach ou de son antidépresseur, mais Benjamin va bien. Il conserve certes quelques addictions rassemblées sur une discrète tablette, à gauche de son clavier, où il tapote de dos, masquant les volutes des clopes qu’il s’autorise de temps à autre. Mais Benjamin a fait le plein d’entrain, remisant sa nonchalance en coulisses. Certes, ce n’est pas Claude François, et l’auteur-compositeur reste encombré par son grand corps épais. Sa silhouette un peu voûtée n’est pas avantagée par un jean mal coupé et mal assorti à sa chemise (deux bleus différents). En matière de couleurs, ce sont plutôt les éclairages qui hypnotisent, en fond de scène : cinq immenses éprouvettes faites d’une multitude de facettes qui, selon l’embrasement, forment des confettis, des lampadaires intimistes ou des buildings illuminés que j’imagine tokyoïtes.

Ce n’est pas dans le registre dance que je le préfère. Il est plus à l’aise dans ses chansons calmes (très émouvante interprétation de Ton héritage). Mais dans sa reprise extraordinaire (dommage que l’adjectif soit galvaudé) de À l’origine, je me surprends à atteindre un état proche de la transe… musicale. Pas envie que ça s’arrête, cette fumée, ces rayons lumineux qui la percent, cette voix étonnamment caverneuse. Dehors, il fait sûrement mauve.

 

Bourgeon du tram en fabricationA lire dans le magazine de Tour(s)+ mon papier (page 5) sur les bourgeons du tram, une belle initiative qui a fait travailler les élèves de lycées professionnels et une dizaine d’artisans d’art tourangeaux : sur chaque rame du tram, neuf « bourgeons » décoreront la base des barres de préhension. Tram que j’ai vu pour la première fois sur les rails il y a une dizaine de jours, rue Charles Gilles, tracté par un gros engin jaune. Un moment très émouvant. Photo : © Lycée Victor Laloux

A lire dans Tour(s)plus le mag, page 11, mon article sur la thermographie, une technique qui, via une caméra thermique, permet de détecter les déperditions de chaleur sur les façades des bâtiments.

Dans le numéro d’été de Tour(s)plus le mag, mon article sur le Centre de ressource pour la cognition (CRC), qui propose une méthode pour entretenir le cerveau par des activités de loisirs (page 10). Ce numéro est téléchargeable en PDF sur le site de l’agglo.

La couverture du numéro de juin de Touraine EcoDans le numéro de juin de Touraine Eco, j’ai rédigé le dossier sur la création et la reprise d’entreprise. On y trouve notamment une interview de Julien Dargaisse, talentueux concepteur du réseau social BuzzleMe :

Plus que le désir d’être patron, c’est la passion qui anime Julien Dargaisse depuis ses débuts. Diplômé de l’Ecole supérieure de commerce et de management de Tours (Escem) en 2010, ce jeune entrepreneur de 26 ans avait déjà l’intention de créer sa société durant ses études. « Etudiant, je me suis heurté à un problème concret : comment me démarquer de mes camarades qui ont le même CV que moi ? J’ai donc cherché une manière de me différencier lors de ma recherche de stage, puis d’emploi. »

Son idée a pris forme à travers un réseau social baptisé BuzzleMe, qui innove grâce à un service ingénieux : une entreprise dépose son offre d’emploi avec des questions ; le candidat postule quand il le souhaite et y répond par vidéo avec un temps limité défini par le recruteur et sans possibilité de se réenregistrer, comme dans un entretien en face-à-face. On obtient un CV interactif.

Lauréat du Réseau Entreprendre, la startup a également été primée par la Jeune chambre économique d’Indre-et-Loire et Graines de Boss, un concours national de création d’entreprises relayé par M6. La première démarche de Julien a été de solliciter des avis extérieurs : « On peut être tenté de garder son idée secrète. En réalité, il faut la confronter au maximum et savoir s’entourer pour éviter les écueils, surtout lorsqu’il s’agit d’un concept innovant. L’incubateur de l’Escem m’a aidé à cet égard, ainsi que mon parrain du Réseau Entreprendre. »

Julien Dargaisse développe depuis deux ans sa startup technologique. « J’ai obtenu plusieurs prêts d’honneur à 0 % via divers organismes, ce qui a été très utile pour passer de l’idée à l’exécution. » Le PDG débutant privilégie désormais les compétences en interne : « Nous sommes trois à plein temps, aidés de cinq étudiants par manque de moyens financiers. Conformément au modèle numérique, tous mes collaborateurs sont intéressés à la réussite de l’entreprise… »

Et parce qu’il est coûteux de financer sa croissance, l’équipe recherche actuellement des fonds auprès d’investisseurs privés (si vous êtes intéressé : hello@buzzle.me). Un membre du jury de Graines de Boss veillera pendant deux ans sur cette prometteuse startup made in Tours.

Julien Gracq parlait de « la forme d’une ville » en écrivant sur Nantes. Aujourd’hui, on pourrait parler d’une ville en forme. De Tours assoupie, quand j’arrive ici, je sors bien vite de ma torpeur. Pourquoi diable me suis-je enracinée dans ce grand village émollient ? Séduisant et lumineux au demeurant, ce pays des « fainéants sublimes », pour paraphraser l’expression de Balzac remise au goût du jour par Jean-Marie Laclavetine. Une ville ligérienne, à une heure de Paris, incapable de remettre à flot un Bateau ivre mythique quand Nantes a fait d’une usine de biscuits une scène nationale… Quand trouverai-je le courage de m’arracher à ces tièdes terres de tuffeau pour franchir les 173 km qui me séparent du granit et de l’air iodé. L’esprit de la mer ici flotte sur les pavés. Une fois n’est pas coutume, il fait grand bleu sur Nantes. Donne-moi la main.

Nantes vue par mon amie, Nathalie, nantaise :

Je pose un pied sur le quai, puis un autre, le train à peine arrêté en gare. Je débarque Gare Nord, accueillie par un petit crachin qui fixe l’air humide, je traverse en courant dans les flaques la voie des autos et celle du tramway qui stationne sur la gauche, je me sens chez moi. Je suis chez moi.

Hop, je grimpe sur la langue de fer que ravale la machine à mes pieds, les portes se ferment et le tramway démarre dans un bruit de violon que l’on accorde et qui fait tant sourire Catherine : “whaauumm”.

Un drelin aigu chasse les imprudents sur les quais. En station Château des ducs de Bretagne, vue sur la tour féerique du Lieu Unique et de l’autre côté le vent s’engouffre par les portes ouvertes sur les tours balayées de lumière et de pluie. Déjà sud Loire, la tour Bretagne aux trois quarts visible.

“Oh ma belle, fais un effort, élève-toi et sors de cette brume”. Etonnant ce taux d’humidité et ces têtes mouillées mais résignées et n’y pensant guère.

Bouffay, je saute du tramway, les gens de cette ville avalent des verres dehors, sous la tonnelle, ils se fichent des rideaux de pluie en biais qui percutent juste les chaussures. Ils se moquent tout autant des rigoles où dévale l’eau, c’est un peuple de l’eau douce, de celle qui tombe du ciel mais aussi celle savamment comblée sous leurs pieds, Erdre et Loire qui s’amusent à faire pencher les immeubles au fil de l’eau et du temps.

Nantais, marins d’eaux-douces qui repartent chancelants et chantant un peu trop fort sur le ponton pour regagner un temps leur cabine à l’abri des rues détrempées.

Ainsi va cette ville campée sur ses deux membres, l’un salé et lancé à l’infini vers l’ouest, l’autre doux et sage qui stabilise et relie telle une veine le corps vaste et puissant de la cité. Pour couronner le tout, un chapeau breton bien enfoncé sur le front et qui malgré la bourrasque tient bon l’ensemble.

Ainsi va la ville, autre sorte de ville blanche avec son tuffeau qui claque au soleil, quand celui-ci daigne montrer le bout de ses rayons au départ du navibus, bras de loire réveillé par la nostalgie du village de cap-horniers de l’autre côté : Trentemoult.

Et une fois dans les ruelles du village coloré, “la Médina“, à nouveau vue en face sur un quai-mémorial aux accents nègres qui bientôt équilibrera les immeubles chancelants des armateurs de la brinqueballante île Fedyeau et lui donnera ainsi ces véritables lettres de noblesse.

Maintenant, un coucher de soleil mordoré qui cristallise la Loire juste en bas du pont de Cheviré, sorte d’arc-en-ciel de béton sous lequel passent les oiseaux marins qui remontent avec la marée dans ce port qui n’en est plus un. La sterne habile évite l’immense éléphant arroseur d’humains au début du Hangar à Bananes, balade étrange qui semble mener vers le bout du monde.

Parfois, les géants traversent enfin la ville avec leurs grands yeux (é)mouvants et le Lieu Unique transforme le petit LU en madeleine de Proust. Il réchauffe quelque peu le canal Saint-Félix traversé par le vent, où se déplace quotidiennement un héron dont j’ai décidé que j’étais l’amie.

On attend l’âme de la ville dans ses quelques rues médiévales et on reste souvent déçu. Cela se joue souvent ailleurs et il faut patienter longtemps avant d’être apprivoisé par cette cité multiple.