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Rubrique ‘Bonnes feuilles’

Jardin zenA force de fréquenter les temples bouddhistes et les sanctuaires shinto, j’ai peut-être trouvé la voie, mais j’ai perdu la voix.

Jour J. Voilà ce qui nous attend demain, à l’arrivée à Tokyo. Sauf que le plan sera un peu plus grand que celui de Manabé Shima. Les amateurs de « nipponneries » auront reconnu un extrait du livre éponyme de Florent Chavouet, également auteur de Tokyo Sanpo, que j’ai compulsé avec délectation avant le départ. A l’occasion d’une expo de ses planches dans un magasin japonais de Paris, il m’avait gentiment envoyé deux images pour mon blog. Je n’avais pas encore utilisé celle-ci. C’est chose faite et je lui sais gré d’avoir conforté mon envie de découvrir cet archipel tout à l’est, moi qui aime tant le bout du bout du Finistère. J’aime à penser que le Japon constitue une autre forme de finis terrae. Mais ce n’est pas cette fois que je pourrai vous le dire. Il faudrait pour cela aller au bout du bout, à Hokkaido. Ça sera pour une prochaine fois.

Pour information, voici les ouvrages consultés avant le départ et/ou ceux que nous emportons dans nos valises, Hélène et moi :

Le Guide bleu

Le Routard 2012-2013 Tokyo-Kyoto

Le Lonely Planet (version épaisse !)

Le guide Voir

Japon, Philippe Pons, Point Planète Seuil.

Le Japon vu par 17 auteurs (Casterman)

Le Japon en un coup d’œil

Fukushima, récit d’un désastre (Gallimard)

Un voyage au Japon, Antoine Piazza (éd. du Rouergue)

1084, Hurakami

Il est encore un peu tôt pour parler des cadeaux de Noël, mais personnellement j’aime anticiper pour éviter la cohue et faire des choix réfléchis. Il en est un qui peut revenir chaque année. Certains les collectionnent même ! Je veux parler de l’Agenda Nature (12,90 euros aux éditions Ouest-France) de mon ami illustrateur et botaniste, Dominique Mansion, 2013 en l’occurrence. Un travail qui l’occupe une grande partie de l’année. Au final, un agenda (sur le thème des arbres cette année) qui n’a qu’un inconvénient : on se fait violence pour écrire dessus tant c’est joli. Pour ma part, j’ai trouvé la parade : je n’y consigne que les perspectives agréables (vacances, week-ends, fêtes…) et réserve un autre outil à mon planning professionnel souvent étourdissant.

Dominique A en dédicace au Lieu unique« Vous êtes une sacrée tripotée. » Dominique A est comme ça. Il a des sorties parfois un peu désuètes. Je le soupçonne d’en faire exprès, par amour des lettres. La salle à gradins du Lieu Unique était comble pour la première lecture musicale de son roman autobiographique, Y revenir. Le choix de Nantes n’est pas anodin : « Je proteste rarement quand on me présente comme nantais. » Comme il a réglé ses comptes avec Provins, sa ville natale, en allant y chanter ses morceaux pour la première fois, le 4 mars 2011, il semble être ici pour renouer avec la ville où il a fui, adolescent, à la faveur de la mutation paternelle.

Seul face au public et à son pupitre, c’est un écolier qui s’applique pour réciter sa poésie. Tout de noir vêtu, comme toujours sur scène. Il joue de la guitare et promène le bout de ses pieds sur de petits boîtiers dont j’ignore le nom, remplis de boutons. La technologie en renfort fait des miracles : elle fait écho à sa voix, repasse des boucles musicale, la maîtrise est parfaite. A peine l’artiste savonne-t-il parfois dans une lecture plus proche d’un psaume que d’un chant. Et de citer Kazuo Kamimura : « Ce qui marque le plus une personne, ce ne sont pas tant ses expériences passées que les paysages dans lesquels elle a vécu. »

Plus je vieillis, plus je partage son point de vue. J’ai grandi près d’un hypermarché qui a peu à peu vampirisé la campagne mancelle qui nous entourait. Cela fut peut-être déterminant dans ce que je suis maintenant.

Entre les extraits fort bien choisis dans une mise en scène minimaliste, Dominique A nous a offert quelques chansons : moment très émouvant, un titre interprété adolescent qui préfigure ses morceaux futurs, retransmis sur une sound machine et sur lequel il superpose sa voix d’adulte. Une reprise de La Fanette, de Brel, et de l’improbable Partir de Gisor, un titre eighties ingrat qui m’échappa à l’époque et qu’il clamait à tue-tête sur un sentier de Provins. Y revenir donc. Pactiser avec ses origines.

Parfois, il est question d’y aller. Depuis des années, je voulais y aller, au Japon. Par pure fascination : pour la culture, les mangas, la cuisine dans toutes ses composantes (makis, teppanyaki, kaseiki, tempura…), le shinto, la tradition confrontée à la modernité… Cette fois, c’est décidé, avec Hélène, on y va. Dans un mois, on sera à Tokyo (« assises sur une chaise »). Inconscience pour certains, privilège pour d’autres. « On ne nous apprend pas à se méfier de tout… »

Photo : Dominique A en dédicace au Lieu unique © Catherine Levesque

Forêt de mélèzes dans les Hautes-AlpesMalgré la distance qui sépare ce post du précédent (est-ce cette léthargie hivernale qui espace mes écrits ?), il y a un lien évident entre les deux : l’eau et la quiétude. Cap à l’est, encore plus à l’est, au bord du lac Baïkal où s’est réfugié Sylvain Tesson six mois durant. Il a investi une cabane en bois à 50 m du bord de cette « mer » fascinante, en plein hiver sibérien, et vaille que vaille ! Je me suis plongée dans la lecture de son livre, Dans les forêts de Sibérie, il y a quelques jours, et j’avoue que j’aimerais bien pouvoir le finir d’une traite comme une rasade de vodka glacée, avoir comme lui l’immense privilège de consacrer du temps à des livres précieux sans interférence, dans le calme d’une isba de fortune, à condition qu’il y fasse plus chaud que dans la sienne ! Ce trip à la Thoreau me parle plus que jamais et je ne suis pas la seule. Encore faut-il avoir le culot de prendre la décision de s’échapper ainsi, sur une durée définie, pour une vie solitaire en autarcie qui remet le temps et les idées à leur place, débarrasse des scories matérialistes dont nous encombre la vie quotidienne. Dormir, se lever, se réchauffer, lire, boire du thé dans la journée, de l’alcool à la nuit tombée (il y aurait un vin de Loire capable de concurrencer la vodka dont Tesson fait bon usage, que ça m’arrangerait), marcher, contempler les arbres, la lumière qui change, la mésange au carreau, se faire à manger, ramasser du bois, puis dormir encore, lire encore… Bref, revenir à l’essentiel. L’essence, le sens, les sens.

© C. Levesque. Forêt de mélèzes dans les Hautes-Alpes.

Couverture de l'album Hyacinthe et RoseÇa pourrait être une histoire à l’eau de rose. Ça sent plutôt l’eau de Cologne. Hyacinthe et Rose (33 €) a été lauréat du Prix Saint Fiacre, décerné chaque année par l’Association des Journalistes du jardin et de l’horticulture (AJJH). Les critiques classent ce très bel album au format encombrant en jeunesse. J’ai néanmoins lu (oralement) avec plaisir, du haut de mes quatre décennies, ce conte écrit par François Morel, au petit être brun couché près de moi. J’avais l’impression de l’entendre, mon gars Morel, avec son écriture nostalgique et ses souvenirs de campagne. Ça nous a bien plu, ces fleurs colorées à toutes les pages, peintes par Martin Jarrie,  en lien avec le texte. Surtout la fritillaire pintade. Quant à l’anémone, une de mes préférées, elle serait parfaite dans mon salon beige et rouge, oui. L’expo des planches à la Galerie Jeanne Robillard (Paris 11e) vient de se terminer, dommage. Mais on peut quand même s’y procurer certaines de ses illustrations originales (j’adore Les châtaignes et le hérisson !). J’aime quand un livre m’entraîne vers de nouveaux horizons, qu’ils soient imaginaires ou artistiques. Dans le foisonnement des librairies, il en est encore, comme celui-ci, qui relèvent héroïquement le défi.