Archive du blog

février 2020
L M M J V S D
« Avr    
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
242526272829  

Mon blog sur Tumblr

J'anime un 2ème blog dans lequel je propose une sélection de sites Web, de vidéos et d'articles divers trouvés sur Internet.
> monhoazin.tumblr.com
Les derniers articles ci-dessous :
Sorry, we're having trouble loading this Tumblr.

Rubrique ‘Bonnes feuilles’

Fukushima, récit d'un désastre, par Mickael FerrierLors de mon premier voyage au Japon, un an et demi après le tsunami, j’ai lu l’ouvrage* de Michaël Ferrier, qui m’a profondément marquée, dans la très littéraire collection blanche NRF Gallimard *. À la manière d’un Emmanuel Carrère, ce professeur de littérature, qui réside à Tokyo, y raconte l’événement avec précision : la gigantesque secousse sismique qui a fait tanguer les gratte-ciel de la mairie de Tokyo, les vagues dévastatrices qui ont noyé la côte nord-est de Honshu, déclenchant une catastrophe encore plus menaçante, celle de Fukushima, vingt-cinq ans après Tchernobyl.

Michaël Ferrier rend compte et livre les faits de façon quasi organique : la capitale assombrie, le rationnement, le tourisme en berne malgré la floraison des cerisiers, les dosimètres en rupture de stock…

Avec son épouse, il décide de « monter dans le Tohoku » – pour s’approcher au plus près de la zone interdite – un cercle de 20 kilomètres de circonférence autour de la centrale éventrée, si bien décrit dans le film The Land of hope (2013). À bord d’une camionnette remplie de vivres, de vêtements et de médicaments, il décrit la désolation, les odeurs, la « météo des radiations » livrée par Radio Fukushima, tout en livrant au fil du récit des témoignages de survivants et des éléments scientifiques précis et éclairants qu’il obtient auprès des chercheurs, des institutions…

Les cent dernières pages se concentrent sur les villages-frontières de la zone contaminée et sur ce que l’auteur nomme la « demi-vie » : les répliques, la désinformation, les confidences d’un liquidateur, la décontamination, la pluie que l’on redoute… Un essai puissant sur « une catastrophe lente, diluée, une catastrophe continuée ».

* Le titre Fukushima, Récit d’un désastre est depuis sorti en collection Folio (n° 5549), Gallimard.

À lire également sur le même thème : L’Archipel des séismes, Écrits du Japon après le 11 mars 2011, éd. Picquier Poche.

Ma chronique « Une plume à la page » pour la Web TV du Festival international du film ornithologique de Ménigoute. Artisanal, mais j’y tiens !


Une plume à la page – Les cygnes sauvages par mainatetv

La couverture de Deux-Sèvres NatureC’est un livre qui doit bien faire quatre livres, au bas mot ! Un gros livre sur la nature donc, et pas une petite nature, non. La nature des Deux-Sèvres, un joli département qui porte le nom d’une rivière et d’une porcelaine. Une nature aussi fragile que de la porcelaine, justement, que de nombreuses associations et collectivités s’emploient à bichonner dans des zones classées ou des espaces naturels sensibles. Pour cette biodiversité il fallait faire un geste et c’est Gestes éditions qui s’y est collé. Avec le conseil général, cet éditeur local a relevé ses manches. « Mettons cette nature à la page : faisons un livre ! », ont-ils décidé ! C’était parti. Trois ans plus tard, grâce à la plume de cinq auteurs, dont je suis, et à l’œil de dix photographes, un gros bouquin est né et il se porte bien : 320 pages, 550 espèces et une douzaine de chapitres dressent l’inventaire des milieux naturels de ce département exemplaire en matière d’éducation à l’environnement. On y parle des plaines, loin d’être aussi mornes qu’on le dit, du bocage, la star locale, évidemment, des marais, des forêts, mais aussi de milieux moins connus, comme les pelouses sèches, qui n’ont pas grand chose à voir avec du gazon cramé, et des carrières, particulièrement bien mises en valeur dans le département. J’ai testé pour vous et ça vaut le coup d’explorer le Puits d’enfer ou Cinq-Coux. Il y a des belvédères, des panneaux d’explication et franchement, quand on repart, on se sent moins con ! On y trouve aussi l’avis de personnalités sur la biodiversité de ces contrées, parmi lesquelles celles que j’ai interviewées : Jean-Marie Pelt, Yannick Jaulin et Allain Bougrain-Dubourg.

Bref, cet ouvrage est lourd, mais pas pesant. J’ai pris ma calculette, 35 euros pour 320 pages, à la louche, ça fait environ 10 centimes d’euros la page. Franchement, ça les vaut.

Pascal DessaintA lire dans la newsletter que j’ai rédigée pour le Festival international du film ornithologique de Ménigoute, une interview de Pascal Dessaint, un auteur de polars et de romans noirs mâtinés de… vert !

La couverture du Dictionnaire philiosophiqueEncore tourneboulée par La Vie d’Adèle et ses amours contrariées, sa justesse, sa fluidité et ses beaux arbres,  je suis allée me rasséréner à La Boîte à livres autour d’une rencontre avec André Comte-Sponville, un philosophe à la pensée fluide, elle aussi. Il venait y parler de son Dictionnaire philosophique, que j’ai acheté il y a quelque temps, un pavé qu’il a rédigé sur une vingtaine d’années, paru en 2001 et enrichi  cette année de 394 entrées. Au total, 1 654 définitions. André Compte-Sponville, non dénué d’humour, a compté : à raison d’une définition par jour, il vous faudra 4 ans et demi pour le lire !

La plus longue fait six pages et demi et concerne, devinez… l’amour, « un mot plurivoque, selon que l’on considère l’amour passion (eros), l’amour de ce qui réjouit ou amitié (philia) ou l’amour du prochain (agapè ou caritas) ».

Quand lui est venue l’idée d’un dictionnaire philosophique, voilà une trentaine d’années, il s’est inspiré des Définitions d’Alain, « genre littéraire et philosophique à part entière », et de celui de Voltaire, plus impertinent, pour élaborer non pas des définitions canoniques, mais se prêter à l’exercice paradoxal qui consiste à « concilier la rigueur et la clarté à la subjectivité et à la singularité ».

Au final, bien que je sois loin d’avoir tout lu, cet ouvrage usuel « prend le langage au sérieux, parce qu’on ne pense qu’avec des mots et qu’il n’y a de philosophie que discursive ».

Penser sa vie pour vivre sa pensée

On sent bien la volonté de ce brillant normalien, ex-prof à La Sorbonne, qui rejoint celle de Diderot : « Hâtons-nous de rendre la philosophie populaire ! ». Un souci légitime quand l’obscurantisme est toujours souterrain. « La philosophie sert à penser mieux pour vivre mieux, à sauver sa peau et son âme », se plaît à dire ce soixantenaire élégant, veste en velours grise et chemise blanche.

Attentif à l’évolution du monde, le philosophe a bien sûr ajouté des néologismes à son dico : développement durable, décroissant, adulescent, beaufitude même, « mélange de machisme, de bêtise et de vulgarité » !

La philosophie, dit-il, c’est aussi « apprendre à parler pour se taire ». La sagesse, ainsi, se reconnaîtrait à une certaine qualité de silence. Reste à ne pas confondre le but et le chemin. Gageons que ce beau livre m’accompagnera sur le sentier, toujours singulier, vers l’universel pour, comme il l’a joliment écrit dans sa dédicace « ne pas se perdre dans la forêt des mots et des idées ».

L'hôtel de la plage de M. Hulot par David Merveille

Hier, le premier « long » de Jacques Tati est ressorti dans les salles. Sacrée histoire que ce chef d’œuvre qui aurait dû sortir en couleur, en 1949. Mais la production ne put jamais tirer de copies à partir de ce procédé novateur. alors Tati s’est contenté de monter la version tournée en noir et blanc. Une autre version, colorisée au pochoir avec quelques plans supplémentaires, est sortie en 1964, avant que la fille de Tati ne parvienne à monter la version couleur d’origine en 1995. Cette fois, c’est l’original en noir et blanc, restauré, qui sort en version numérisée. Il a évidemment d’abord été diffusé en présence de Jérôme Deschamps, à Sainte-Sèvère, petit village de l’Indre où le film a été tourné en 1947. Je vous conseille d’ailleurs vivement de visiter La Maison de Jour de fête, là-bas, qui célèbre avec une fantastique scénographie l’aventure de ce film mythique.

J’irai donc voir avec émotion ce chef d’œuvre quasi muet que je connais par cœur. Comme j’ai découvert avec émotion, et totalement par hasard (merci Laurent), la galerie Petits Papiers, où j’ai acheté un original de David Merveille tiré d’un ouvrage qui trône dans ma bibliothèque (merci Pierre-O !) : M. Hulot s’expose. Il s’agit de quatre collages au crayon issus de la « Série 9999 figures de M. Hulot ». Très dépouillés, ils représentent le profil stylisé de M. Hulot avec sa pipe bien sûr, mais aussi d’autres objets saugrenus (la Tour Eiffel notamment !), en écho à la polémique qu’il y avait eu au moment de l’expo (géniale) de la Cinémathèque de Paris, en 2009 (fallait-il ou non retirer la pipe sur les affiches  au nom de cette fichue loi Evin ?).

L’économie de mots et de gestes propre à Tati est parfaitement illustrée par le trait précis et efficace de David Merveille, qui m’autorise à diffuser sur ce blog une autre image que j’adore : « Hulot & l’Hôtel de la plage » (pastel, gouache, 256 x 364 mm). Un dessin de saison pour moi qui passe de délicieux week-ends sur les plages de Loire-Atlantique. Avec une spéciale dédicace au petit être nantais qui m’a offert une nuit dans l’hôtel restauré de M. Hulot pour mes 40 ans. Eh oui, il n’y a pas que ses films que l’on restaure ! Les pellicules, l’hôtel… ce sera bientôt mon tour !

> Petit jeu estival : où se cache M. Hulot dans le dessin de David Merveille ? A gagner, un tuyau d’arrosage de chez Plastac au premier ou à la première qui répond.