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J'anime un 2ème blog dans lequel je propose une sélection de sites Web, de vidéos et d'articles divers trouvés sur Internet.
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Hoazin.fr : le blog de Catherine Levesque

11 mai 2012  |  Catherine L.  |  0 commentaire

Le château de ChenonceauRousseau devint gros à Chenonceau. Mais pas que. Il aura fallu attendre le tricentenaire de sa naissance pour le savoir ! Engagé comme secrétaire et précepteur par la belle Louise Dupin, qui tenait régulièrement salon au château, il l’aida à rédiger un ouvrage sur l’égalité des hommes et des femmes. Jamais publié, ce manuscrit de 400 feuillets éminemment féministe fut éparpillé en ventes publiques. Jean-Marc Vasseur, responsable culturel de l’abbaye royale de Chaalis, nous a expliqué ce matin, durant le vernissage, combien il a eu plaisir à éplucher ces archives. Une partie de ces textes inédits sont présentés depuis aujourd’hui dans la somptueuse galerie du château (celle qui enjambe le Cher), à travers l’exposition « Rousseau heureux à Chenonceau », où l’on dévoile un pan méconnu de la vie du philosophe. A Chenonceau, Rousseau ne fit pas de botanique, mais de la musique. Il venait de mettre au point un système destiné à faciliter la lecture des portées. L’exposition présente cette notation simplifiée, populaire au XIXe siècle, connue en Chine et au Japon. J’ignorais que Rousseau composait. L’expo propose à l’écoute un CD de quinze pièces de sa facture sous le titre « Consolations des misères de ma vie ».

A la fois riche et synthétique, l’expo s’intéresse aussi au régime idéal selon Rousseau. Pas un régime politique, non ! Le jeune Jean-Jacques avait aussi des idées bien arrêtées sur les nourritures terrestres. « Jean-Jacques Rousseau n’était pas ce barbon atrabilaire qui mord la main de celui qui le nourrit, aime à rappeler Jean-Marc Vasseur, également auteur de Jean-Jacques Rousseau dans son assiette. Il ne s’estimait pas gourmand, mais sensuel », appliquant bien avant l’heure les préceptes de nos diététiciens et locavores.  Il refusait les produits hors saison, les mets exotiques « dispendieux par le fait du transport ». Pourfendeur de la falsification des aliments et des boissons, peu enclin à l’alimentation carnée, Rousseau était aussi bon œnologue, sans trop se soucier toutefois des cépages. A l’époque, le champagne était très apprécié. On apprend d’ailleurs au passage que les verres n’étaient pas à table. Il fallait solliciter un laquais pour se voir servir une rasade, avant de lui remettre son verre ! « Mangez de tout, n’abusez de rien », aurait déclaré ce précurseur de Weight Watchers ! Ça tombe bien, l’été revient. Relisez Rousseau à la guinguette.

 

9 mai 2012  |  Catherine L.  |  0 commentaire

Pour la première fois depuis le début de ce printemps désastreux, j’ai senti dans cette soirée une douceur estivale. Presque lourde. Et remarqué qu’enfin, il faisait encore jour quand je suis sortie du ciné. En arrivant chez moi, envie de rester dans la fiction. J’allume le poste, où se joue Etreintes brisées, d’Almodovar. Coïncidence : je sors d’un film espagnol, En 80 jours,  et je retrouve un film espagnol. L’un est tourné à San Sebastian, au Pays basque, l’autre en partie à Lanzarote, une île que j’ai explorée l’an passé en randonnée. C’est avant tout pour y retrouver des paysages que j’ai envie de revoir ce mélo.

Quelques recherches plus tard, je découvre dans le dossier de presse que le nœud du film est une photographie prise par le cinéaste sur la plage d’El Golfo. Lors de sa première visite sur l’île volcanique (qui a aussi inspiré une nouvelle étonnante de Michel Houellebecq), Almodovar a immortalisé cette plage de sable noir sans remarquer le couple enlacé qui figurait en bas de l’image. Il ne le découvrit que sur le tirage et décida que cette étreinte renfermait un secret. Il a cherché ce couple en vain jusqu’à la fin de son séjour, imaginé leur histoire. A défaut de la raconter, il décida de faire de Lanzarote un décor. Mais jamais l’île ne trouvait sa place dans les scénarios qu’il imaginait. Jusqu’à Etreintes brisés, sorti en 2009, une année où, moi aussi, j’étais en morceaux. Dans le film, la photo donc, est punaisée dans le bungalow où se réfugient Mateo et Lena, les amoureux en cavale, sur la plage de Famara.

Je me souviens avoir arpenté les falaises de Famara, face à l’île de la Graciosa. Un moment de grâce gravé dans mon cortex, sauvage et beau. Dans le film vu ce soir au Festival Désir…désirs, les deux femmes septuagénaires rejouent leur baiser de jeunesse sur l’îlot de Santa Clara, dans la baie de San Sebastian. En 80 jours ou pas, à chacun ses tours du monde.

Photo : La plage d’El Golfo… sans le couple enlacé. Caché derrière le rocher ? © Catherine Levesque

2 mai 2012  |  Catherine L.  |  0 commentaire

Une grotte de LanzaroteFuite urinaire, mycose vaginale, monte-escalier Stannah… La réclame, vers 14 h 30, à la télévision, a quelque chose de flippant. Dieu merci je ne suis pas dans la cible, du moins pour l’instant. Juste un hasard d’emploi du temps qui fait que je déjeune plus tard que d’habitude. J’avais piscine. Avec Marie, on s’est cassé le nez en arrivant au Lac. C’était fermé. Alors pour patienter, on a fait du qi gong le long du Petit Cher, perdues dans la verdure. En regardant Le Journal de la Santé, je me dis que pour un peu, on faisait du paléofitness sans le savoir. Il aurait fallu pour ça qu’on enfile nos maillots de bain et qu’on se mette pieds nus. Le paléofitness, ça fait un tabac, paraît-il, aux Etats-Unis (pourquoi les inventions les plus saugrenues sont-elles toujours yankee ?). Aux antipodes de la salle de gym que l’on rejoint volontiers en escalator, le paléo-pratiquant s’adapte à ce que la nature lui propose : il grimpe aux arbres, soulève des troncs, se déplace à quatre pattes si besoin sous les branches basses, nage quand il y a de l’eau et est prié de ne pas geindre quand il se sectionne le gros orteil sur un caillou aiguisé. Et il jeûne, s’il vous plaît… sans râler.

Bref, si l’on excepte la pomme de midi et les vieilles Stan Smith, disons qu’avec Marie, nous avons touché le paléofitness du doigt, et ce d’autant plus que nous avons poussé le vice jusqu’à aller nager après le qi gong. Héroïque.

L’étape suivante, ce sera peut-être la grotte. Pas celle de Platon, mais celle de Daniel Suelo, un anthropologue américain qui vit depuis douze ans dans une caverne de l’Uath, sans argent. Au fait des technologies modernes, notre Homo desargentus se rend régulièrement dans une bibliothèque publique pour alimenter son blog. Moi je dis, chapeau mon gars Suelo. Ici, il y a bien quelques troglos vides à investir, mais quant à alimenter mon blog depuis la paléo-bibliothèque de Tours…

 

29 avril 2012  |  Catherine L.  |  0 commentaire

Le port d’un ciré jaune à Nantes, aussi nécessaire soit-il ces jours-ci, est suspicieux pour l’autochtone. On vous détecte très vite dans les rues détrempées et l’on vous assimile à un Parisien déguisé. Le gars à la vareuse délavée et aux cheveux gras qui fait la queue devant vous à Talensac, c’est bien simple, il ne vous calcule même pas. La poissonnière, elle, avec sa voix de poissonnière, elle vous lance : « La dame en jaune, là, elle voudra bien avancer, elle sera mignonne. »

Je désigne du doigt l’araignée encore vivante et les six huîtres de Noirmoutier, les plus petites s’il vous plaît. Le muscadet des Génaudières est déjà au frais. Max m’expliquera plus tard qu’on ne cuit pas une femelle araignée comme un mâle. Qu’on met le gros sel dans le faitout uniquement quand l’eau bout, sans quoi il retardera la cuisson. Fille de la région, je l’ignorais. Nathie, elle, ne préfère pas savoir, cache ses yeux derrière ses doigts comme les enfants devant un film qui fait peur. La pauvre bête va mourir ébouillantée, c’est horrible. Une heure après, elle la charcute avec son bistouri marin. Que voulez-vous, la mémoire est sélective et la chair des crustacés n’est pas triste, hélas.

Sur les étals des maraîchers, des pommes de terre nouvelles, des fraises, des asperges et du muguet. J’en achète dix brins. Je sais qu’il s’agit d’une culture intensive assez discutable mais la tradition l’emporte sur la raison. Appliqué à d’autres pratiques, ce réflexe donne des trucs pas terribles…

Un stock de crêpes et de pain bio, puis je m’en retourne dans mon ciré jaune. La tour Bretagne est toujours aussi démodée et je m’engage devant l’église réformée vers la rue de la Bastille, un peu vide. M’en fous, j’ai faim et mes paniers sont pleins.

23 avril 2012  |  Catherine L.  |  1 commentaire

Des candidatsIl est fort probable que ma belle-sœur ait été l’une des premières à voter hier, du fin fond de l’Angleterre. Levée à 4:30 à Wiveliscombe, une bourgade du Somerset jumelée avec Le Lion-d’Angers, pour être au bureau de vote de Bristol à 07:30 avec mon frère et voter à 08:00.  Autant dire qu’ils étaient les premiers, ces Frenchies tombés du lit. Il y a eu  jusqu’à une heure de queue au plus fort de la matinée pour 3 200 inscrits, apprend-on de source sûre ! Dans 15 jours, rebelote, avec un squat en bonne et due forme dans l’appart de Pierre, qui a l’avantage d’être à 10 minutes du bureau de vote et de comporter un bon stock de cidre local.

A Velpeau-upon-Loire, quartier populaire de Tours où j’ai posé mes valises, excellente ambiance hier matin (enfin plutôt hier midi ; en France, les lits sont plus hauts, on met beaucoup plus de temps à en tomber). Alors que le marché battait son plein, je me suis engagée dans la petite classe au tableau noir, transformée en bureau 211, munie de 4 bulletins de vote. Les autres me saliraient les doigts. J’ai hésité jusqu’au dernier moment : rouge, vert, vert, rouge, rose, gris… Bigre, de quelle couleur je suis. Plutôt verte, mais je vois rouge. Pas facile quand on veut voir la vie en rose. Alors j’ai voté utile, comme on dit, battant ma coulpe sur l’élection traumatisante de 2002. Je suis sortie de ma cellule d’isolement, propice à la schizophrénie. A voté !

Hélène, elle, avait déjà fait son choix. Marie aussi, avait « voté avec son cœur ». Nathie par procuration. Chacun ses pions. Les vaches bien gardées.

Le soir, il fallait bien un verre de gamay pour faire couler. Supporter le suspense entretenu par une télé spectacle où les motards collent aux vitres teintées pour arracher quelques mots aux élus éreintés. Une soupe de fanes de radis (une nouvelle page Facebook), du soja à la coréenne, des brochettes de poulet yakitori, du stilton et du brie de Meaux. Les ravages de la mondialisation. Et le bleu Marine qui nous saute à la gueule. Oups, j’ai avalé de travers. Puis ravalé ma dignité. Heureusement qu’on avait trinqué avant.

 

18 avril 2012  |  Catherine L.  |  0 commentaire

Le dossier de presse œnotourisme en Val de LoirePour les amateurs d’œnotourisme en Val de Loire, voici le nouveau livret que j’ai rédigé pour l’Interprofession des vins de Loire en collaboration avec Anne-Marie Jelonek, de l’agence Bergamote Presse et le graphiste Hervé Poudret, de chez Mille et Une. Vitibreak en Val de Loire est feuilletable en ligne dans la rubrique presse du site d’InterLoire.

13 avril 2012  |  Catherine L.  |  0 commentaire

J’arpente les pavés d’un bon pas, le Picon bière infuse dans mes veines. J’ai l’impression que toute la ville converge vers le même lieu que moi, unique, repérable à sa tour Art nouveau de 38 m de haut. La densité des pulls marins augmente, comme celle des filles à la frange trop courte. Comment expliquer que le public qui se presse devant la scène du Grand atelier est à la fois hétéroclite et harmonieux ? Peut-être parce que la première lettre de l’alphabet les rassemble.

Quand il a choisi son nom de scène, Dominique voulait être le premier à apparaître dans les Pages jaunes, comme les agents immobiliers. Son œuvre respire la mélancolie. Elle n’a pourtant jamais été aussi lumineuse. Plus encore qu’au dernier concert où nous nous sommes parlé, en janvier dernier, il chante. Nous offre sa version rock de « la chanson la plus conne de l’histoire de la pop music », Mes lapins. Se débarrasse du Courage des oiseaux (« elle est passée ! »). Du trio de La Fossette revisitée, il passe au groupe quasi philarmonique, composé en partie de Bretons… et d’un batteur tourangeau.

Le concert nantais (retransmis en direct sur Arte Live Web), alors, prend toute son amplitude. Le son est excellent. Jovial, le chanteur enchaîne les « tubes » avec autodérision (« nous sommes très peu à savoir que j’en ai fait ») et se plaît à ne pas toujours brosser son public (comme ses lapins ?) dans le sens du poil : « Maintenant, nous allons vous faire de vieux titres… mais pas forcément ceux que vous attendez ! De toute façon, ils se ressemblent tous », sourire en coin. On a quand même droit au Faussaire et à Pour la peau

Les chansons du dernier album, que j’écoute en boucle, me sont déjà familières. Comme à chaque fois en concert, il y a des titres inattendus qui me remuent, que je redécouvre à la lueur – c’est le cas de le dire – d’une nouvelle orchestration, plus rock ou plus épurée. Ce soir, c’est le cas avec Va-t-en, un morceau de La Fossette. « Va-t-en, va-t-en,… si tu m’aimes encore un peu. Va-t-en, va-t-en… de toute façon, c’est trop peu… » Dans le public, une fille lance, bien plus tard : « Dominique, on t’aime ». Il répond, sourire en coin : « Oui, mais… pas assez ». Autre titre hypnotique, Sous la neige : « Nous marchons sous la neige en nous tenant le bras ; nous nous sentons si loin, qu’aucun de nous ne bouge… «  Et ses grands bras qui bougent.

 

 

 

8 avril 2012  |  Catherine L.  |  0 commentaire

La plage de M. Hulot Avec la côte de Granit Rose, dans les Côtes-d’Armor, cette vue littorale est l’une de mes préférées. Les amateurs de Tati y reconnaîtront les rochers de la plage de M. Hulot, où il tourna ses célèbres vacances pendant l’été 1951. Ce qui est fou avec ce film, c’est que Tati en a refait un montage en 1963, puis il y a intégré une scène de panique supplémentaire en 1978, clin d’œil aux Dents de la mer ! Le DVD intègre d’ailleurs les deux versions.

J’étais venue en pèlerinage à l’Hôtel de la Plage, à Saint-Marc-sur-Mer, il y a pas mal d’années, comme je suis retournée à Sainte-Sèvère. L’établissement était sur le déclin et aucune allusion n’était faite au chef-d’œuvre du cinéaste, à mon grand désespoir. Nathie m’a fait la surprise de m’y inviter pour mes 40 ans (le grand jeu, avec seau à champagne dans la chambre, vue sur mer). L’hôtel a été entièrement refait en 2008. C’est devenu un Best Western très agréable, à l’accueil très sympathique, où les références à Tati sont omniprésentes, jusque dans les chambres, décorées de cadres avec sa silhouette stylisée. Un bonheur pour les fans, donc. Dans la salle de restaurant, on diffuse même le film en toile de fond !

A la faveur d’une balade sur le sentier des Douaniers, nous avons découvert une crique charmante, baptisée Géorama. Comme une vieille émission de l’ORTF. Sur la plage de M. Hulot, les chiens seuls ne sont pas rares. Souvent, ils ont des comportements bizarres, burlesques. Sûre que le fantôme de Tati plane encore sur le sable.

 

3 avril 2012  |  Catherine L.  |  1 commentaire

Désolée pour tous ces jours écoulés en silence, mais j’ai eu 40 ans et ça m’a pris du temps. Ce temps dont je manque cruellement, je suis allée le chercher dans le Sud-ouest marocain, entre Haut Atlas et désert. Les oiseaux n’étaient qu’un prétexte, mais nous avons tout de même vu plus de 150 espèces.

Dans la patio d’une vieille maison saharaouie, Tahar dépèce les grandes palmes sèches pour cuire le pain dans le four de pisé. Je me réchauffe contre le mur de terre et de paille, qu’aucune goutte d’eau n’a pénétré depuis plus d’un an. Ce matin, un vif vent d’ouest soufflait dans le désert, au bord de l’oued qui alimente l’oasis de Tighmart. Nos pas sur la croûte de terre, mémoire de la dernière averse, comme si l’on marchait sur un macaron géant.

Un petit cri électronique. C’est la première chose qui m’est venue à l’esprit avant de comprendre qu’il s’agissait du sirli du désert. Ce bel oiseau crème au bec fin se dresse, s’envole à la verticale et plonge au sol la tête la première. C’est sa façon de parader. Sur le Guide ornitho, on dirait un oiseau de bande dessinée !

Le soir, nous dormons sous une kaïma, à Fort Bou-Jerif, une version confortable de la tente nomade. Une chance, pour mon anniversaire, nous avons bu notre première bière locale. Le saint-nicolas-de-bourgueil emporté dans mon sac avait beau s’appeler « Sables », il a plutôt mal vécu le voyage…

Le lendemain matin, nous marchons dans le lit d’un oued quatre heures durant. Paysage saisissant. Chaos géologique de pierres bleutées, rosées, de conglomérats multicolores. Des marouettes fouillent sur les berges. Un faucon de Barbarie, vigie figée sur une corniche. Au bout de ce goulot féerique, l’océan bleu turquoise. Des alouettes calandrelles au plumage délicatement peint s’abreuvent dans une flaque. L’œil cerclé d’un jaune franc, un petit gravelot sonde la vase. Au loin, des spatules, des hérons bihoreaux, sur leurs grandes pattes.

Nos estomacs commencent à coasser. C’est l’heure du pique-nique et le chauffeur tarde à nous récupérer. Pas de GPS, pas de carte. Quand bien même, il ne sait pas les lire. Nous grimpons sur la falaise, près d’une maisonnette de pierre qui peut nous servir d’abri. Et puis là, au moins, on capte. Deux heures, trois heures, quatre heures, cinq heures d’attente… Il sillonne les pistes en tous sens en vain. Revient sans cesse au point de départ. Avant que la nuit ne tombe, il faut se résoudre à solliciter l’autochtone.

Un pêcheur avenant et jovial arrive à la rescousse. Nous entrons à dix dans sa Land Cruiser, les longues-vues en joue comme des kalashnikof. Je monte à l’avant, où nous ne sommes « que » trois. Dans un français approximatif, notre sauveteur répète en rigolant : « Comme les sardines ! ». On se marre franchement, malgré les chaos de la piste et l’hypoglycémie. Il me faudra du temps pour remarquer une boîte contre le pare-brise : « Mordaz, faire face à l’anxiété ». Les benzodiazépines ont aussi conquis l’Afrique.

 

14 mars 2012  |  Catherine L.  |  0 commentaire

Rien à voir avec le Web 2.0. Non. 2,02 €, c’est le prix d’un litre de carburant aujourd’hui, dans une station service de Paris. Ça laisse rêveuse, et je ne suis pas fâchée de me voir offrir un vélo de ville pour mes 40 ans. J’avoue que son choix me demande beaucoup plus de temps que celui de l’unique voiture dans laquelle j’ai investi jusqu’ici, une Twingo violette qui a fini ses jours compactée comme un César après un tonneau du garagiste (du moins son arpette) sur une route de la campagne que j’ai eu le malheur d’habiter, il y a quelques années. Je vous assure que c’est vrai. Je revois encore le garagiste débouler dans mon jardin, l’air accablé, pour m’annoncer la triste nouvelle. Le lendemain, il nous offrait une Twingo grise à la place.

En parlant de tonneau, j’ai pris le petit-déjeuner dans un foudre, la semaine dernière, au Chai de la Paleine. Une expérience inédite que de dévorer la confiture de figues maison, de bon matin, dans un tonneau où séjourna du vin. Bel endroit pour séjourner en Anjou, du reste, avec une roulotte de campagne et d’étonnants Carrés d’étoiles. Je cours le vignoble de Loire pour tester les randonnées de Vignes, vins & randos avec Cécile. On crapahute et on sirote. Un métier comme un autre.

Cette après-midi, premier panaché en terrasse, à Tours. Et bing, surgit toujours cette tête que je n’ai pas envie de voir, même planquée derrière des lunettes de soleil. Ça ne vaut pas Pierrick Sorin, un verre à la main. Il est temps de repartir à Nantes pour arpenter le vignoble du muscadet. La randonnée au Maroc approche, mais les vignes y seront plus rares. Nous y traquerons surtout les volatiles… Encore que certains vins – surtout les bons – s’avèrent étonnamment volatils ! Ceci étant,  l’œnotourisme existe aussi là-bas. Ce sera pour la prochaine fois !

Vous allez me dire, c’est bien beau tout ça, mais pourquoi une photo de boîte à œufs ? Est-ce le soleil qui lui tape déjà sur la tête ? Que nenni. Cette boîte à œufs devrait être un objet d’étude pour tous les étudiants en packaging et je ne résiste pas à l’envie de vous faire partager mon analyse de communicante.  Observez bien les détails de cette boîte Cocorette, dont le contenu est périmé depuis le 27 février. Il s’agissait d’œufs fermiers bio. Première question du journaliste d’investigation : y a-t-il des œufs bio qui ne soient pas fermiers ? Avec le nucléaire, on peut s’attendre à tout. J’attire maintenant votre attention sur la mention “ramassé à la main comme autrefois”. Déjà, ça suppose qu’il n’y en ait qu’un, d’œuf. C’est donc bien le minimum que de le ramasser à la main. D’ailleurs, elle n’a pas l’air débordée la jeune fermière en gilet mohair. Tiens, tiens, c’est une main d’homme qui ramasse l’œuf dans le “nid en bois garni de paille”. Ça doit être le « petit producteur », le gars. Il n’a pas vraiment la paluche d’un éleveur, mais bon, admettons. Le pompon, c’est l’astérisque après “autrefois”. Il renvoie à une explication à l’intérieur du couvercle, qui m’a échappé. Un peu comme les lignes écrites en corps 6 dans les contrats douteux. Je lance donc un appel à témoignages, comme Jean-Luc Delarue en son temps. Si vous tombez sur une boîte d’œufs Cocorette, lisez le mode d’emploi et tweetez-le moi au plus vite. C’est ça, l’interactivité du Web 2.0.