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Les derniers articles ci-dessous :

    Hoazin.fr : le blog de Catherine Levesque

    19 juin 2014  |  Catherine L.  

    Photo extraite de Bird PeopleLe dernier long métrage de Pascale Ferran, Bird people, n’a rien d’animalier, mais le moineau joue une place cruciale dans la deuxième partie du film, qu’on ne saurait déflorer, mais qu’on recommande vivement pour la prouesse narrative et technique. Dès le début de l’histoire, des passereaux captent le regard des deux personnages principaux, l’un dans le RER, l’autre dans une scène sur Skype. Tous deux à saturation dans une vie faite de stress et de transports en commun éreintants, de mails et de coups de fil contraignants, ils s’échappent un instant en contemplant un oiseau qui fait irruption de manière insolite dans un cadre de leur quotidien, une fenêtre en l’occurrence. Le temps se suspend alors et l’on imagine leurs interrogations : que fait cet oiseau ? Que représente sa vie de piaf face à la mienne ? Serait-il au fond plus libre que moi ?

    Pourquoi observe-t-on un oiseau ?

    Bird people, conte aux confins du fantastique, pose un regard à la fois lucide et  poétique sur notre société trop pressée, qu’il dépeint comme une juxtaposition de solitudes surexposées aux communications virtuelles.

    La scène la plus poétique du film montre un artiste japonais en train de peindre dans sa chambre d’hôtel, attiré à son tour par l’intrusion du moineau sur le rebord de sa fenêtre. Un échange magique s’instaure alors entre les deux êtres…

    Que recherche l’ornithologue lorsqu’il dirige sa paire de jumelles sur un volatile ? La quête d’un comportement à décrypter ? Une émotion esthétique ? Une espèce à identifier ? Une échappatoire ? Quelles que soient ses raisons, on peut supposer une fascination pour l’altérité, pour un être de chair et de sang si différent. Léger et vulnérable, mais capable de prouesses sans technologie.

    Allez voir Bird people et vous n’observerez plus jamais un moineau de la même façon. Peut-être vous retournerez-vous aussi sur votre vie en prenant un peu de hauteur.

    11 juin 2014  |  Catherine L.  

    J’ai toujours su que je garderais longtemps l’âme d’une étudiante…

    Attestation Mooc Rue 89

    16 mai 2014  |  Catherine L.  

     

    21 avril 2014  |  Catherine L.  

    Buron de Niercombe, CantalIl faut les voir parler de leurs burons, négocier une palette de phonolite par-ci, un filon de pierre de lave par-là, se refiler le nom du couvreur qui ne rechigne pas à la tâche quand il s’agit de monter un faîtage de pierre sur le toit d’un buron pas tout à fait fini. Toute la question est là, un buron n’est jamais tout à fait fini. André Combourieu, derrière son comptoir de l’Auberge des montagnes, à Pailherols, et Bernard Montimart, accompagnateur en montagne, semblent arrivés à la même conclusion en dépit de parcours différents dans la restauration de ces petites maisons de pierre remontées à leurs frais, avec force tracas administratifs et tourments architecturaux. Quelle couleur de joint, parmi les 24 proposées, emportera l’adhésion de l’architecte des Bâtiments de France ? Faudra-t-il déposer les murs en partie remontés avec une isolation qui le chagrine ?

    Le parcours de l’estivant

    Faut-il les aimer, ces petites maisons de pierre, pour les restaurer contre vents et névés ! André et Bernard, comme quelques autres, ont persévéré des années pour les remettre debout, mouillant leur chemise, non contents d’avoir peiné pour débusquer la ruine à acheter. Parce que nombre d’entre eux sont réduits à un volumineux tas de pierres qui font à coup sûr le plaisir des lézards et des vipères. Il y en avait encore un millier en activité en 1950 dans les hauts pâturages du Cantal, seulement 70… vingt ans plus tard. Aujourd’hui, on n’en compte plus que trois où se fabrique encore le fromage, quand l’heure est venue pour les troupeaux de salers (et de montbéliardes) de brouter l’herbe incomparable des estives. La plupart remontent au XVIIIe siècle et avec eux disparaît l’une des plus anciennes techniques de construction : la voûte à encorbellement. Car, aussi rustiques soient-ils, les burons sont beaux. « Ceux du XIXe se sont dégradés beaucoup plus vite, regrette Bernard, au volant de son authentique 4 x 4 Cournil, d’origine cantalienne lui aussi, lequel a retapé le buron de la Fumade Vieille, non loin du buron de Niercombe, remis sur pied pour sa part par les propriétaires de la superbe Chapellénie, à Aurillac.

    Ouverts au tourisme, tous deux proposent des prestations complémentaires. « La Fumade Vieille est idéale pour les tribus ou les grandes familles, puisqu’elle peut accueillir 14 personnes, tandis que Niercombe comblera les couples pour un séjour intimiste et chic, à quatre maximum. » Dans les deux cas, on bénéficie d’une aide logistique pour s’y rendre et du confort de sanitaires modernes, avec eau chaude et réfrigérateur à gaz. Un confort qui s’appréciera au coin du poêle… avec des vues exceptionnelles sur les monts du Cantal.

    20 mars 2014  |  Catherine L.  

    En cette belle journée de printemps, la première de l’année, j’offre une tribune à une jeune Américaine au sourire perpétuel, Julie Randazzo, 19 ans, que notre art de vivre semble fasciner. Etudiante à Tours depuis un an, elle a écrit ces lignes en français dans le texte et j’ai eu envie de vous faire partager sa vision primesautière d’un endroit qui m’est cher, les Halles.

    « Les Halles de Tours, c’est un marché couvert situé sur la place Gaston Pailhou, dans le Vieux Tours. Reconstruit vingt ans après la Deuxième Guerre mondiale, le marché originel a été bâti par Gustave Guérin sur le modèle des Halles de Paris. Il regroupe quarante commerçants dont des boulangers, des bouchers, des charcutiers, des fromagers et des poissonniers. Comprenant une banque, une parfumerie, une maison de la presse et même un magasin qui ne vend que des produits surgelés, ce bâtiment attire des centaines de clients chaque jour. Au premier étage, les Halles proposent des bureaux et des salles pour organiser des cours et des réunions. On peut également y trouver les studios de France Bleu Touraine et France 3 Tours.

    En entrant, vous êtes submergés par les odeurs et les sons qui vous entourent. On voit les habitués qui font leur deuxième visite de la semaine. On est rassuré par les conversations profondes entre les boulanger et ses clients : « Bonjour Simon ! Comment vont votre femme et vos enfants ? » Trois baguettes, un croissant au beurre et une tarte aux fraises plus tard, on se retrouve à la boucherie. Ici, ce que l’on voit est merveilleux. Plein de saucissons de toutes les teintes pendent au-dessus du boucher comme un rideau de viande. Un gros lapin entier avec encore ses poils vous fixe du regard. L’exposition de la viande derrière les vitrines nous fait monter l’eau à la bouche et nous inspire toutes les bonnes recettes que nous pourrions faire ce soir.

    Juste à côté, la cave à vins. Elle abrite des centaines de bouteilles, y compris les vins de la région du Val de Loire. Car un repas français traditionnel ne serait pas complet sans une bonne bouteille de vin.

    Il n’est pas étonnant que les Halles de Tours soient aussi fréquentées. Les clients apprécient de faire leurs courses au cœur du centre-ville avec tous les commerçants sous le même toit. Ces centaines de consommateurs trouvent également des produits fiables, frais et locaux. L’ambiance est toujours joyeuse et chaleureuse. Un endroit idéal pour conjuguer la nécessité et le divertissement. »

    27 février 2014  |  Catherine L.  

    Tempête sur Sein par MHAD

    Alors que la pluie s’abat et que le vent me fouette sur la place Velpeau, je regarde les étals des poissonniers et je pense au Conquet. Un peu plus bas, au large de la pointe du Raz, vagues et ressac s’étreignent à coup sûr sur l’île de Sein, un beau caillou qui bien souvent subit les assauts conjugués d’Eole et de la houle.

    Finis Terræ ou Penn-ar-Bed. Là où le latin voit la fin d’une terre, le breton voit un bout du monde. Question de langage. « La grande presqu’île atlantique de la France », pour reprendre une expression du penseur Kenneth White, semble « distraitement amarrée à la masse continentale » (Julien Gracq). Où qu’il vive, lettré ou pas, tout observateur d’une mappemonde sera tenté de poser le bout de l’index, puis le pied, sur cet appendice terrestre curieux d’aller voir plus loin. On veut y voir l’horizon, mais voilà que des îles s’interposent, sentinelles hésitant entre une identité maritime et un socle granitique.

    Poètes et rôdeurs des confins, naturellement aimantés par les extrémités, trouvent un écho dans ses échancrures littorales battues et rebattues par les flots. Le touriste y tutoie la rudesse de l’hiver et de la tempête. N’y perçoit que la verticalité parfaite des phares, rassurantes vigies, n’entend que les cris des goélands, le ressac hypnotique, le bruit des drisses sur un vieux gréement.

    Tonnerre de Brest ! il respire à pleins poumons ce fameux air marin, fait le plein d’iode qui nous fait si souvent défaut. Comme si la puissance des marées et la tonicité du vent balayaient le vague à l’âme du citadin au bout du rouleau. Un séjour dans une île et il sera bientôt remis à flot. Oui mais voilà, laquelle choisir ? On implore Tiersen ou Miossec de nous venir en aide. Ile mystérieuse, île aux trésors, île déserte, une île à soi, ça se mérite. La trouver, c’est déjà mieux se connaître.

    Antichambre de la civilisation ou ultime refuge pour Robinsons modernes, l’île demeure le support idéal du rêve et des possibles. Ile mystérieuse, île aux trésors, île déserte : quel bout du monde choisir ?

    > Spéciale dédicace à Cécile B. pour son anniversaire, en souvenir de vacances au Conquet en plein mois de janvier.

    Merci à MHAD, mes artistes bretons préférés, pour l’image qu’ils ont bien voulu me confier en illustration de ce post.