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J'anime un 2ème blog dans lequel je propose une sélection de sites Web, de vidéos et d'articles divers trouvés sur Internet.
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    Rubrique ‘Escapades’

    Comme l’ornithorynque en Australie, le mont Fuji constitue mon obsession nipponne. C’était déjà le cas bien avant d’y mettre les pieds (idem pour le monotrème à bec). Je savais que ce volcan que nous nommons par erreur Fujyama était visible depuis certaines tours de Tokyo (il n’est qu’à 100 km et tutoie tout de même les 3 800 m), mais je ne m’attendais pas l’entrevoir aujourd’hui à Kamakura. Nous étions dans le temple de Kencho-ji. Après une petite séance de méditation dans le Hojo, ceint par un délicat jardin zen (cf. photo), nous avons grimpé jusqu’au Hanso-bo (Hélène voulait voir le Pacifique, son obsession à elle). Par-delà les cryptomères verts, nous avons pu apercevoir la mer. Hélène m’a attirée vers une petite plateforme de bois où une vulgaire affiche montrait un Fujisan enneigé. En nous concentrant sur la brume qui enveloppait l’horizon, nous avons fini par en distinguer la forme parfaite, irréelle, comme une aquarelle délavée. J’ai même assez vite deviné la neige qui recouvre une partie de son flanc sud.

    En rentrant à Tokyo, Hélène (décidément, l’aurais-je embarquée pour ça ?) m’a sortie de ma torpeur métropolitaine pour me signaler de nouveau la silhouette conique, dessinée cette fois à l’encre de Chine sur un ciel coupé en deux comme une toile de Rothko : orange en bas, bleu sombre au-dessus. Vision fugace. Je ne suis pas certaine d’arriver à 36.

    Si le premier oiseau entraperçu depuis la fenêtre de ma chambre était une sorte de guêpier coloré, les cris graves des grands corbeaux dominent.

    Mes premières images de Tokyo le jour sont celles d’Ueno, où nous logeons. Nous avons pris un petit bus pour nous rendre dans le quartier d’Asakusa, dans le nord-est de la ville, où se trouve le fameux temple bouddhiste de Senso-ji. Là, nous nous sommes prêtées au rituel qui consiste à tirer un bâton en bois chiffré qui renvoie vers un petit tiroir d’où l’on ressort une feuille. Celle-ci prédit votre avenir. Je vous renvoie à cet égard au blog d’Hélène, qui décrit fort bien ce petit moment, dans les brumes d’encens. Un endroit magique, très fréquenté.

    Autre moment fort de la journée, la rue Kappabashi, « quartier des ustensiles de cuisine » où j’ai enfin acheté le couteau santoku dont je rêvais, ainsi qu’une petite poêle (rectangulaire) à omelette japonaise (tamago yaki).

    Après un vol sans encombre (avec Laurent Voulzy !) et peu fatigant, arrivée sereine à Tokyo, où nous trouvons sans souci notre quartier, Ueno, après 1 h 40 de « RER » et le ryokan Katsutaro (merci quand même la boussole et le plan). Avons déjà exploré la supérette voisine (saké et muscadet se côtoient) et bu un verre de saké dans un bar sympathique. Atmosphère très calme dans ce quartier cerné par un immense parc (zoo, musées…), beaucoup de vélos. Zéro stress. Le premier oiseau aperçu ce matin depuis ma chambre est une sorte de guêpier très coloré.

    Jour J. Voilà ce qui nous attend demain, à l’arrivée à Tokyo. Sauf que le plan sera un peu plus grand que celui de Manabé Shima. Les amateurs de « nipponneries » auront reconnu un extrait du livre éponyme de Florent Chavouet, également auteur de Tokyo Sanpo, que j’ai compulsé avec délectation avant le départ. A l’occasion d’une expo de ses planches dans un magasin japonais de Paris, il m’avait gentiment envoyé deux images pour mon blog. Je n’avais pas encore utilisé celle-ci. C’est chose faite et je lui sais gré d’avoir conforté mon envie de découvrir cet archipel tout à l’est, moi qui aime tant le bout du bout du Finistère. J’aime à penser que le Japon constitue une autre forme de finis terrae. Mais ce n’est pas cette fois que je pourrai vous le dire. Il faudrait pour cela aller au bout du bout, à Hokkaido. Ça sera pour une prochaine fois.

    Pour information, voici les ouvrages consultés avant le départ et/ou ceux que nous emportons dans nos valises, Hélène et moi :

    Le Guide bleu

    Le Routard 2012-2013 Tokyo-Kyoto

    Le Lonely Planet (version épaisse !)

    Le guide Voir

    Japon, Philippe Pons, Point Planète Seuil.

    Le Japon vu par 17 auteurs (Casterman)

    Le Japon en un coup d’œil

    Fukushima, récit d’un désastre (Gallimard)

    Un voyage au Japon, Antoine Piazza (éd. du Rouergue)

    1084, Hurakami

    Le guide du Routard Tokyo-KyotoJ – 2 avant le départ pour l’archipel nippon. Voilà quelques semaines que le voyage se prépare, avec l’aide précieuse d’Hélène, qui a le nez dans sa valise à l’heure qu’il est. Des yens (les Japonais utilisent très peu la carte bleue…) et une tablette de chocolat Bonnat de secours en poche, nous nous sommes aussi équipées d’une boussole (on ne rit pas : il est très difficile de se repérer à Tokyo, une mégalopole dont le diamètre va grosso modo de Paris à Angers…), de chaussettes neuves (on enlève souvent ses chaussures quand on entre quelque part) et d’une multitude de guides. On en a même un pour converser, parler de la pluie et des érables qui rougeoient (l’entraînement avant le départ laisse pour le coup à désirer, en dehors de l’indispensable moshi moshi dont nous usons volontiers !).

    Bien aidées par Kanpai !, un site hautement recommandable pour ceux qui partent seuls au Japon, nous avons réservé à l’avance les trois ryokan (prononcer « liokant ») où nous ferons étape à Tokyo, puis à Kyoto. Ce sont des auberges traditionnelles où la surface de la chambre se mesure en nombre de tatamis.

    Notre parti pris, limiter les déplacements sur quinze jours et ne pas visiter le Japon… à la japonaise. Il y a suffisamment à faire entre Tokyo et Kyoto, et aux alentours. L’avenir nous dira si nous avions raison.

    A partir de samedi prochain, quand j’aurai digéré les 12 heures de vol direct et les 7 heures de décalage horaire, je tenterai de vous livrer un carnet de voyage quasi quotidien… si le Dieu Internet est avec nous ! Autant mettre à profit cette expérience hautement dépaysante pour de futurs voyageurs… J’ai beau être à Nantes, ce soir, je m’échauffe en cuisinant des soba au wok, nouilles japonaises à base de sarrasin. Ben quoi, ça change des galettes ! またあいましょう (c’est-à-dire mata aimashou)

    Macareux moines aux Sept-Iles

    Macareux moines aux Sept-Iles (photo Gilles Bentz)

    A vrai dire il faut le savoir que c’est une île, quand on remarque à peine le pont qui la relie au continent. Presqu’île serait plus juste. On passe le moulin, où vit le maire de la ville où j’ai grandi. Et on est vite dans le bourg de granite. Avant, il aura fallu traverser la Bretagne en crabe, de Nantes à Lannion en passant par Rennes, via Redon, Bruz, Lamballe, Saint-Brieuc, Plouaret-Trégor…

    Sur la côte, je guette des yeux le moment où l’archipel apparaîtra. Surtout le caillou blanc, Rouzic, où s’affairent encore 22 000 couples de fous de Bassan, chacun autour de son poussin. Ils repartiront bientôt au large, comme l’ont déjà fait les macareux. La réserve naturelle des Sept-Iles, qui les protège, fête cette année ses cent ans et j’y ai fait mes premières armes de bénévole il y a 23 ans déjà.

    Saurais-je retrouver le chemin de la maison de Kenneth White, où j’ai échoué un beau jour, mémorable ? Humble et souriant, il m’avait accueillie comme un vieille connaissance dans son fascinant Atelier atlantique et nous avions échangé une matinée entière. Je l’ai écouté récemment sur France Inter parler d’André Breton. Je partage sa vision de la Géopoétique, « une théorie-pratique transdisciplinaire applicable à tous les domaines de la vie et de la recherche, qui a pour but de rétablir et d’enrichir le rapport Homme-Terre depuis longtemps rompu, avec les conséquences que l’on sait sur les plans écologique, psychologique et intellectuel, développant ainsi de nouvelles perspectives existentielles dans un monde refondé. »