Presse
Téléchargez ici des exemples d’articles rédigés par mes soins pour différents titres de la presse magazine ou quotidienne ainsi que pour la presse institutionnelle.
Edition
Visualisez ici les couvertures des ouvrages que j’ai écrits ou auxquels j’ai collaboré.
Communication
Téléchargez ici des exemples de dossiers de presse, suppléments promotionnels et reportages réalisés pour des consumers.
Web éditorial
Visualisez ici les captures d’écran des blogs que j’ai animés.

Archive du blog

septembre 2019
L M M J V S D
« Avr    
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30  

Mon blog sur Tumblr

J'anime un 2ème blog dans lequel je propose une sélection de sites Web, de vidéos et d'articles divers trouvés sur Internet.
> monhoazin.tumblr.com
Les derniers articles ci-dessous :
Sorry, we're having trouble loading this Tumblr.

Hoazin.fr : le blog de Catherine Levesque

10 décembre 2012  |  Catherine L.  

 

Pluie d’orage sous le sommetLa Grande Vague d'HokusaiNous avons notre fou chantant. Le Japon a son fou de dessin. « Gakyôjin », c’est ainsi que se surnommait lui-même Hokusai (1760-1849), grand maître de l’estampe. Comme une vision furtive du mont Fuji depuis le Shinkansen, ses œuvres se méritent. Elles sont fragiles et craignent la lumière. Les 36 vues du mont Fuji (46 en réalité, dix planches ayant été ajoutées lors d’une seconde édition) qui font sa renommée somnolent la plupart du temps bien à l’abri dans les collections de la Bibliothèque nationale de France. Elles ont été réunies au fil du temps grâce aux legs et dations de trois grands collectionneurs japonisants, parmi lesquels l’artiste Henri Rivière. Après quatre ans d’hibernation, le musée Guimet en a ressorti une quarantaine. Neuf concernent l’œuvre si célèbre, mais ça n’est déjà pas si mal. Quand vous avez sous les yeux « la grande vague », le temps est comme suspendu. Beaucoup l’imaginent bien plus grande qu’elle ne l’est en réalité (il s’agit d’un format Ôban, soit 25 x 38 cm marges comprises). Beaucoup oublient que le mont Fuji apparaît en arrière plan, tant la vague prend toute la place. Peu de gens remarquent les frêles esquifs et les pêcheurs qui menacent d’être engloutis. Je me penche vers l’œuvre comme pour m’éclabousser d’embruns. Je plonge dans ce bleu de Prusse qui fit fureur à l’époque : cette couleur chimique éclatante venue d’Europe damait le pion aux vieux pigments naturels. J’observe la finesse du travail, son étonnante modernité.

Très peu de planches figurent finalement le mont Fuji en tant que sujet. Dans Pluie d’orage sous le sommet, la vénérable montagne apparaît rougie et zébrée d’orange par un éclair qui évoque tout aussi bien des brèches de magma.

Autre ambiance dans Le coup de vent dans les rizières d’Ejiri dans la province de Suruga (les titres à rallonge ajoutent au charme des œuvres) : sur le chemin, sept voyageurs luttent contre une rafale qui emporte chapeaux et feuilles de papier dans le ciel. Le dessin a quelque chose de la bande-dessinée. En arrière plan, le mont Fuji apparaît sous un simple trait noir à peine appuyé.

A l’époque de Hokusai, Tokyo s’appelait Edo et offrait une dizaine de panoramas pour contempler le Fuji-san. Aujourd’hui, l’urbanisation et la pollution rendent l’exercice plus difficile. Clin d’œil amusant, seule la 46e planche (qui ne figure pas dans l’exposition) ne montre pas le cône volcanique : on y voit simplement ses pèlerins en pleine ascension !

Exposition prolongée jusqu’au 7 janvier au musée Guimet.

Pour en savoir plus : Hokusai, Les trente-six vues du mont Fuji, Jocelyn Bouquillard, éd. Seuil/BNF 2010, 19 € ). Un joli petit livre bien documenté.

Légendes : Sanka hakuu, Pluie d’orage sous le sommet. Signature : Hokusai aratame Iitsu hitsu. Don Henri Vever, 1894 / EO 173 © Thierry Ollivier / RMN 
Kanagawa oki namiura, Sous la grande vague au large de la côte à Kanagawa. Signature : Hokusai aratame Iitsu hitsu. Editeur : Nishimuraya Yohachi (Eijudô). Legs Raymond Koechlin, 1932 / Eo 3285 © Thierry Ollivier / RMN
5 décembre 2012  |  Catherine L.  

Tokyo vu de la mairie« A l’Hôtel Amour, le silence se partage, il fait la cour

Je pars pour Tokyo

Dans ma tête, il y a un passage

Un vide confortable

L’Hôtel Amour

Des secrets fissurés volent au-dessus des tables

Le temps prend le train

Un arrêt sur chaque visage

Je suis de passage

A L’hôtel Amour

Le silence dévoile l’intime au grand jour

Un jour idéal

Un lieu de passage

Un vide confortable

L’Hôtel Amour »

Ariane Moffatt (extrait de l’album MA, un concept japonais justement)

* L’insula est une zone du cortex cérébral aux fonctions encore obscures, dont Jean-Claude Ameisen parle fort bien…

2 décembre 2012  |  Catherine L.  

L'affiche des InvisiblesBonne surprise ce soir, aux Studio, à Tours : la présence, après la projection des Invisibles, du réalisateur Sébastien Lifshitz, venu répondre aux questions des téléspectateurs. Séduite par les témoignages de ce documentaire sensible et plein d’humour, je commence par lui demander comment il a choisi ses « personnages ».

Il explique qu’il a mis un an et demi à trouver quelques 70 témoins possibles via des associations réparties sur tout le territoire. Il avait à cœur que ces homosexuel(le)s soient représentatifs de différentes régions, différents milieux sociaux. Il fallait aussi qu’ils n’aient pas peur de la caméra, que leurs lieux de vie soient cinégéniques et qu’ils aient suffisamment de recul et de réflexion sur leur parcours de vie pour rendre leur témoignage pertinent à l’écran. Au final il a filmé une dizaine de personnes et sept ont été gardés au montage (dont quatre femmes).

Sur la genèse du film, il raconte qu’il collectionne la photographie amateur depuis des lustres et qu’une virée aux puces de Vanves lui a mis dans les mains un album photos de deux vieilles dames à l’allure très bourgeoise. Un mystère émanait de ces images et il a cherché à comprendre si un lien lesbien unissait les deux femmes, emportant avec lui les dix albums que le brocanteur avait en sa possession.

Il s’est alors demandé si les homosexuels de ces générations-là n’avaient pas eu des vies plus heureuses que ce que l’histoire officielle semble nous dire. D’où l’idée de ce documentaire qui porte un regard sur des homos de plus de 60 ans, bien souvent « invisibles », y compris dans le monde gay.

Hasard du calendrier, le film sort en plein débat sur le mariage gay et l’homoparentalité, alors que les témoins du documentaire ont d’abord eu à lutter pour leur propre existence avant toute forme de revendication. Bien au-delà de l’homosexualité et de la valeur du combat, ce très beau film de cinéma rend avant tout hommage à la puissance des esprits libres dans un quotidien ordinaire.

30 novembre 2012  |  Catherine L.  

Cosmétique franponaiseDans le 70, ce matin, entre le 15e et le 1er arrondissement, je m’extasie devant la beauté de Paris, son unité architecturale, ses grands boulevards arborés. Je repense à la discussion d’hier soir, avec Jérôme, à l’évocation de Tokyo, que je juge comme une juxtaposition de quartiers et de blocs sans uniformité. Pire à Kyoto. Comme si l’urbanisme n’était pas pensé. Nous en venons à parler du « franponais », cette façon qu’ont les Japonais d’user maladroitement de la langue française. Je ne résiste pas au plaisir de vous recommander un site sur ce délicieux dialecte nippon.

21 novembre 2012  |  Catherine L.  

Le bar microscopique La Jetée

Tomoyo à son bar« RER », train express, train touristique, funiculaire, œufs, bateau (pirate), marche, bus, train omnibus, « RER ». Dix moyens de transports en une journée, pas moins. Et une multitude de Japonais à qui ça n’avait pas l’air de déplaire. Peu d’occidentaux. Nous, on n’a pas aimé cette succession de norimono qui mènent qui à des fumerolles, qui sur un lac, certes joli, mais pas renversant. Et ce mont Fuji qui n’a daigné montrer que le bout de son sommet… Plus assez de courage pour se plonger dans un onsen dont l’eau chaude risquerait de nous ramollir définitivement.

En voyage, il y a toujours une journée  décevante. C’est comme ça. Le lieu où l’on va sans trop savoir si les guides ont raison ou pas de vous y conduire. Le besoin de vérifier. C’est valable dans l’autre sens. Et il y a toujours un petit miracle. Le nôtre a eu lieu hier soir, à Tokyo, dans le Golden Gai (rien à voir avec le monde gay, pas question d’amplifier la polémique qui semble enfler en France…). C’est un bout de quartier enclavé dans Shinzuku, entre un Uniqlo géant et des milliers d’enseignes lumineuses. Ça grouille de partout, on s’engage dans une venelle bordée de verdure et tout s’arrête. Une première ruelle, puis deux, cinq comme ça, parallèles et pas très longues, où s’alignent 200 bars de 4 m2 en moyenne.  Parce que la plupart réservent leur petite surface à des habitués, on en avait repéré un au nom français, La Jetée, qui est le titre d’un moyen métrage de Chris Marker. Décédé récemment, ce réalisateur avait attiré mon attention car il était proche d’Agnès Varda. Dans la ruelle étroite, nous repérons donc la porte à l’effigie de M. CHAT. Nous grimpons un petit escalier raide et nous entrons dans l’antre de LA cinéphilie. Une femme est seule derrière son bar et nous accueille dans un bon français. Nous nous installons au comptoir (pas de place pour plus de 2 personnes). Je lui demande combien de personnes elle peut servir dans une pièce si petite. Espiègle, Tomoyo me répond que ça dépend des nationalités ! Et nous parlons cinéma, pendant que je sirote mon alcool d’abricot, fascinée par sa culture cinématographique. Elle vient souvent en France, à Nantes notamment, pour le Festival des 3 continents qui, étrange hasard, commençait hier. Tout en parlant, elle nous cuisine des pommes de terre (nukago, des graines si j’ai bien compris) proportionnelles à la taille de son bar, à tel point que nous prenons au départ pour des olives… C’est succulent… Les nombreuses bouteilles de whisky, japonais ou pas, portent le nom des habitués qui les consomment, célèbres ou pas. Car de nombreux réalisateurs et autres personnalités ont, comme nous, échoué dans ce lieu insolite : Deneuve, Tarantino… ou Alex Beaupain. Je l’imagine sans peine aux Studio ou au Katorza. Un moment de grâce cinéphile.

20 novembre 2012  |  Catherine L.  

Le Fujisan depuis le Shinkansen Pendant ma sieste tant attendue dans le Shinkansen, Hélène, conformément à notre petit rituel, m’a réveillée dès qu’elle l’a vu. Je l’ai d’abord aperçu à travers le hublot du bolide, qui tient plus de l’avion que du train à grande vitesse, coincé derrière la tête d’un passager que mes contorsions n’émouvaient pas le moins du monde. L’homme a eu la bonne idée de se lever, ce qui m’a permis de profiter pleinement du spectacle à travers la vitre, propre comme une vitre japonaise. Cime dégagée, enneigée, conforme à l’image mentale qu’on m’avait vendue. Je l’ai trouvé de nouveau trop gros, trapu, puis les angles changeant, plus svelte, racé. Il avait l’air de danser. Je suis allée sur la plateforme, près du bocal empli de volutes, réservé aux fumeurs. Et j’ai joué à cache-cache avec le mont Fuji sous l’œil attendri de Hokusai, qui aurait sûrement décliné sans mal ses 36 vues (46 en réalité) depuis ce TGV nippon. A la sortie d’un tunnel, tantôt caché derrière une colline, dévoilant timidement son sommet, tantôt olympien, imbu de ses formes et complice de la neige qui le saupoudre avec grâce. Solennel, toujours.