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Rubrique ‘Bonnes toiles’

La plage de M. Hulot Avec la côte de Granit Rose, dans les Côtes-d’Armor, cette vue littorale est l’une de mes préférées. Les amateurs de Tati y reconnaîtront les rochers de la plage de M. Hulot, où il tourna ses célèbres vacances pendant l’été 1951. Ce qui est fou avec ce film, c’est que Tati en a refait un montage en 1963, puis il y a intégré une scène de panique supplémentaire en 1978, clin d’œil aux Dents de la mer ! Le DVD intègre d’ailleurs les deux versions.

J’étais venue en pèlerinage à l’Hôtel de la Plage, à Saint-Marc-sur-Mer, il y a pas mal d’années, comme je suis retournée à Sainte-Sèvère. L’établissement était sur le déclin et aucune allusion n’était faite au chef-d’œuvre du cinéaste, à mon grand désespoir. Nathie m’a fait la surprise de m’y inviter pour mes 40 ans (le grand jeu, avec seau à champagne dans la chambre, vue sur mer). L’hôtel a été entièrement refait en 2008. C’est devenu un Best Western très agréable, à l’accueil très sympathique, où les références à Tati sont omniprésentes, jusque dans les chambres, décorées de cadres avec sa silhouette stylisée. Un bonheur pour les fans, donc. Dans la salle de restaurant, on diffuse même le film en toile de fond !

A la faveur d’une balade sur le sentier des Douaniers, nous avons découvert une crique charmante, baptisée Géorama. Comme une vieille émission de l’ORTF. Sur la plage de M. Hulot, les chiens seuls ne sont pas rares. Souvent, ils ont des comportements bizarres, burlesques. Sûre que le fantôme de Tati plane encore sur le sable.

 

Une scène du film Le Havre, avec Blondin Miguel et la chienne Laïka.C’est le dernier jour de l’année et il ne fait même pas froid. Dans certains pays, comme la Nouvelle-Zélande chère à mon cœur, on a déjà la gueule de bois. Je suis bercée par le ronron assourdissant de ma machine à pain pendant que mon chat ronronne en silence dans son placard favori. Plus de huit jours que je n’ai rien écrit sur ce blog. Preuve que les fêtes de fin d’année ne m’ont guère inspirée.

Il y en aura eu, des Saint-Sylvestre. Celles, insouciantes, de mes vingt ans ; celle (l’unique) où je fus déguisée en guitare électrique rouge ; celles assagies, mais toujours dansantes, de mes trente ans ; celle, pathétique et prémonitoire, qui annonça la fin d’une histoire ; la Saint-Sylvestre otite doublée d’une angine. Ce soir, ce sera cinéma et dînette en tête-à-tête. Une grande première. J’ai déjà testé le cinéma à Noël mais jamais un 31. Une valeur sûre, le cinéma. Dommage que j’aie déjà vu Le Havre. Il y a des films, comme ça, qu’on aimerait ne pas avoir vus pour avoir le plaisir de les découvrir. Celui-ci est un conte plein de poésie, de belles images et de beaux personnages. Aussi simples que les bouquets minimalistes qu’ils trimballent.

Le Havre est décidément une ville « cinégénique » depuis quelque temps. La Fée m’avait déjà enthousiasmée en septembre dernier (voir le post L’amour flou). Merci Auguste Perret !

Il va falloir que je vous laisse pour préparer la sauce au citron confit qui accompagnera mon poisson vapeur bardé de saumon fumé. J’ai décidé de faire léger. Un peu marre des excès. La bouteille de Triple Zéro de chez Jacky Blot (un montlouis non dosé) attend son heure au frais. Il faudra tout de même le sortir avant pour le servir à 10-12° C, afin de préserver son volume. Peut-être qu’après le dessert de La Chocolatière, on sortira. Peut-être pas. On verra.

© DR. Une scène du film Le Havre, avec Blondin Miguel et la chienne Laïka.

Souvenir du Festival de Chaumont-sur-Loire« Au moment où l’on devient amoureux, à cet instant précis, il se produit en nous une musique particulière. Elle est pour chacun différente et peut survenir à des moments inattendus… ». J’avais adoré le précédent marivaudage d’Emmanuel Mouret, Fais-moi plaisir !, grand moment burlesque où, déjà, Frédérique Bel et sa diction affectée déroutaient son partenaire à qui mieux mieux. A quoi pourrait donc ressembler cette ritournelle du coup de foudre, s’interroge  le prologue de son sixième long-métrage ? Pour lui, elle se situe assurément dans le registre classique. Classique comme le titre d’Ovide dont s’inspire le film, L’Art d’aimer (voir la bande annonce) manuel amoureux paru en I (ben oui, l’an I).

Comme à son habitude, Emmannuelle Mouret, cinéaste brillant, nous offre un propos léger en apparence mais en réalité très subtil. Le réalisateur vit à Marseille mais ses personnages évoluent dans des décors ultra-parisiens, luxueux et bourgeois, remplis de livres et d’objets d’art. D’aucuns pourraient trouver ces palabres sentimentales nombrilistes. Il n’en est rien: les saynètes amoureuses de ce film bavard sont certes cérébrales, mais universelles. L’idée de tromper, est-ce déjà tromper ? Doit-on transgresser l’interdit ? Le ton est désuet, renforcé par les intertitres qui rythment les scènes (« Sans danger, le plaisir est moins vif », « Il ne faut pas refuser ce qu’on nous offre »…). La mise en scène dynamique est servie par une distribution savoureuse : Ariane Ascaride, Stanislas Merhar, François Cluzet, Laurent Stocker (parfait également, soit dit en passant, dans L’Exercice de l’Etat), Gaspard Ulliel, Julie Depardieu… On sent que les comédiens s’amusent dans ce bijou romanesque. Et le spectateur boit du petit lait. Judith Godrèche, qui orchestre l’aventure la plus inventive de tous ces entichements, donne une jolie définition de l’art d’aimer, si tant est qu’il y en ait un : « Aimer, c’est être deux dans le duel entre le monde et soi. »

Le bœuf musqué, géant saupoudré © Vincent Munier.

Vincent Munier aime se planquer dans un affût ou derrière l’objectif de son appareil photo, mais il n’aime pas se voir à l’écran. Il n’a même pas vu en entier Nordic Variations//Mission Dovrefjell, le court documentaire – 20 minutes – que Laurent Joffrion a consacré à son travail sur les bœufs musqués. Réalisé dans le cadre de Wild Wonders of Europe, ce film fort et peu bavard a été récompensé au Festival de Ménigoute par le jury Jeunes Regards.
Dans les paysages enneigés du parc national de Forollhogna, en Norvège, on observe Vincent Munier qui observe les bœufs musqués. Impatient que la tempête arrive afin que ses images soient… meilleures, il nous confie ses impressions. Où l’on apprend que le confort et les conditions idéales constituent des notions très subjectives pour ce photographe esthète, amoureux de la neige et du blanc. « On considère souvent l’aspect poétique de ses images, moins l’aspect athlétique, pourtant bien réel ! », confie Laurent Joffrion, réalisateur angevin. Délicat petit présent pour qui aime la nature et la contemplation, ce film est vendu sous la forme d’un coffret avec 10 tirages de ce talentueux photographe (39 €).

© Laurent Thurin-Nal / MK2

Dans Rumba, on dansait et on tombait beaucoup. Dans La Fée, on danse et on court beaucoup. On vole aussi dans tous les sens du terme. On rit de bon coeur devant une grammaire visuelle qui ferait pâlir Tati de jalousie. Pour les amateurs de héros dégingandés qui ont aussi vu L’Iceberg, ce nouveau film d’Abel & Gordon, plus abouti, raconte la rencontre fondatrice des deux protagonistes, Dom et Fiona, gauches et mutiques. Lui est gardien de nuit dans un hôtel désuet de la rue des Amoureux, au Havre. Elle est fée. Mais une fée maladroite, pour ne pas dire incompétente… Une fée qui tombe enceinte d’un coup de baguette magique.

Contrairement à Tati ou à Pierre Etaix, dont les gags sont très écrits, Abel & Gordon disent trouver leurs gags en jouant, en improvisant avec leurs corps, volontiers dénudés, dans des plans souvent fixes rythmés par leurs mouvements chorégraphiés, millimétrés. La scène de danse sous l’eau avec des méduses en sac plastique risque de faire date dans l’histoire du cinéma burlesque, où la poésie nourrit le rire autant que les effets spéciaux… artisanaux. La scène de bringue dans le bar (« L’amour flou », alias « Chez Marie-Louise » pour les Havrais) avec l’équipe de rugbywomen locale, les Dieselles (qui existe vraiment), n’est pas sans rappeler la fin éméchée au Royal Garden dans le Playtime de Tati. Savoureuses également, les scènes récurrentes à la sortie de l’asile (situé dans l’hôtel de ville du Havre), où les malades fument comme des pompiers en toute liberté.

Comme dans Les Vacances de M. Hulot, l’hôtel joue un rôle central. L’équipe décor a créé une façade si crédible, dans le quartier Perret, que plusieurs clients potentiels ont appuyé sur la fausse sonnette ! Irréaliste, le cinéma burlesque ?

Des couleurs pop et acidulées comme dans la première partie des Bien Aimés. Hommage à Béatrice Myself, croisée ce matin, sur son petit vélo. Légère et grave comme une chanson d'Alex Beaupain.

Des années que je n’avais pas entendu ce morceau. Quinze ans peut-être ? « Love at first sight » des Gist. J’avais même réussi à dénicher le 45 tours de ce qui inspira l’une de mes chansons préférées d’Etienne Daho, « Paris le Flore ». J’ai tout de suite reconnu le début. Comme le parfum d’un amour trop aimé qui ravive des souvenirs. Habit rouge, Patchouli Patch. Quand bien même je remettrais la main sur ce vinyle, je n’ai plus de platine pour le passer et poser le diamant du bras fébrilement sur le premier sillon – surtout, ne pas rater l’intro avec les cris de moineaux et de corneilles (j’imagine un paysage de labour en hiver). En bonne compulsive que je suis, me voilà réduite à l’écouter sur YouTube, comme l’adolescente transie que je fus devant le bel Etienne, dont la coupe, à l’époque, n’était pas sans rappeler celle du non moins beau Louis Garrel.
Adolescent, on le redevient devant un film de Christophe Honoré, a fortiori devant Les Bien Aimés, titre à la fois simple et précieux – qui ose encore, ma foi, désigner ainsi son adoré(e) ? Ça captive, ça palpite, on aimerait que ça dure tant c’est limpide et tant on s’y retrouve, malgré des époques et des lieux qu’on n’a pas forcément connus. L’hôtel Kuntz, j’en mettrais ma main à couper, va devenir un mythe. J’ai vérifié : il existe. Dans le 10e, pas très loin de mon ancien appartement. Je meurs d’envie d’y réserver une chambre avec un vieil amant, les escarpins en moins ! C’est 74 euros la twin avec une déco ringard. La réclame, sur Internet, y garantit « un souvenir inoubliable ». Quant à la rue Stephenson, située à la Goutte d’Or, elle porte le nom de l’ingénieur anglais qui construisit la première locomotive. « I was waiting at the station when the train came in », chante Stuart Moxham dans le générique de fin. Ça tombe bien.